Les fausses publicités de célébrités qui vous invitent à investir sur une plateforme qui « les a rendues riches » sont toujours une arnaque : aucune personnalité réelle ne vous vend un placement miracle dans une publicité sur les réseaux sociaux. Beaucoup utilisent des vidéos manipulées par intelligence artificielle (des deepfakes, ou hypertrucages) ou des pages qui imitent de vrais journaux, et toutes mènent à une société non autorisée qui veut vos coordonnées et votre argent. Cybermalveillance.gouv.fr range ces publicités en ligne, articles sponsorisés et « influenceurs » parmi les portes d'entrée de l'escroquerie au placement financier. Inutile de savoir repérer un deepfake : il suffit de savoir qu'aucune célébrité ne vous propose un placement de cette façon.
Comment fonctionne l'arnaque à la fausse célébrité
Presque toutes suivent le même parcours :
- L'hameçon. Une publicité ou une publication sur les réseaux sociaux avec le visage d'une célébrité, souvent accompagnée d'un titre alarmant : « l'interview que le gouvernement ne veut pas que vous voyiez », voire une photo de la personnalité prétendument « arrêtée ».
- Le faux article. Le clic mène à une page qui copie la mise en page d'un média connu, avec une interview inventée de toutes pièces, parfois montée à partir de vraies images de la personne.
- La vidéo ou la voix. L'intelligence artificielle permet aujourd'hui de remplacer un visage, de reproduire une voix et de mettre dans la bouche de quelqu'un des paroles qu'il n'a jamais prononcées : c'est l'hypertrucage. Ces contenus, parfois remarquablement réalistes, servent notamment à la fraude.
- Le formulaire. L'« article » renvoie vers le site d'une société non autorisée qui demande nom, adresse e-mail et téléphone.
- L'appel. Un « conseiller » vous rappelle, vous demande un premier petit dépôt, vous montre des gains à l'écran et vous en demande davantage. Cybermalveillance.gouv.fr note qu'un premier versement de 200 ou 250 euros est souvent demandé. Quand vous voulez retirer, surgissent des frais et des taxes, puis plus personne ne répond.
La fausse pub d'investissement n'est donc que la vitrine d'une arnaque à l'investissement classique. Les listes noires de l'AMF recensent d'ailleurs, à côté des sites de Forex ou de crypto-actifs non autorisés, les acteurs qui usurpent l'identité de sociétés régulées.
Comment repérer une fausse publicité de célébrité
Les signes qui comptent ne sont pas techniques :
- Une célébrité vous explique comment devenir riche. C'est le signe principal. Même quand de vraies personnalités font la promotion d'un produit financier, elles sont payées pour le faire ; dans ces arnaques, elles ne sont même pas au courant.
- Des gains rapides et garantis grâce à une « intelligence artificielle », un « algorithme » ou un « robot de trading ».
- Le site n'est pas celui du média. Lisez l'adresse complète : si la page prétend être un grand quotidien ou une chaîne de télévision et que l'adresse est différente, elle est fausse.
- L'urgence et l'exclusivité. « Réservé aux 100 premiers », « fermeture ce soir », « groupe WhatsApp aux places limitées ».
- On vous demande vos coordonnées pour vous rappeler. Aucun placement sérieux ne commence par un formulaire glissé dans un article.
- La société est inconnue des registres ou elle figure sur les listes noires de l'AMF. Pour une plateforme crypto, elle doit apparaître sur la liste blanche des PSCA.
Si vous tenez malgré tout à regarder la vidéo, certains indices trahissent la manipulation : des lèvres qui ne collent pas tout à fait à la voix, une voix plate ou avec un accent étrange, un clignement des yeux anormal, des contours flous autour du visage. Mais les deepfakes progressent chaque mois et il ne faut pas se fier à ses yeux. Ce qui est fiable, c'est de vérifier ailleurs : le compte officiel de la célébrité, la page d'accueil du média et les registres officiels. Le pas à pas est dans notre guide pour vérifier si une société d'investissement est autorisée.
Que faire si vous en voyez une
- Ne cliquez pas et ne laissez pas vos coordonnées.
- Signalez la publicité sur le réseau social depuis son menu d'options (« signaler la publicité »). Plus il y a de signalements, plus vite elle est retirée.
- Signalez-la aux autorités. Le portail Pharos recueille les signalements de contenus illicites sur internet, et AMF Epargne Info Service (01 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30) peut être informé des offres de sociétés non autorisées.
- Prévenez votre entourage, surtout les proches âgés, que ces campagnes visent en priorité. Nous avons un guide pour en parler sans humilier personne : arnaques aux personnes âgées.
Que faire si vous avez déjà donné vos coordonnées ou de l'argent
- Si vous n'avez donné que vos coordonnées, attendez-vous à des appels : raccrochez, n'installez aucune application de prise en main à distance et ne communiquez aucun code. Aucun conseiller bancaire ne vous demandera vos codes de confirmation, rappelle cybermalveillance.gouv.fr. En cas de doute, Info Escroqueries vous oriente gratuitement au 0 805 805 817.
- Si vous avez payé, appelez votre banque aujourd'hui, faites des captures d'écran de la publicité, du site et des messages, et portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou en ligne. Nous l'expliquons pas à pas dans victime d'une arnaque : que faire ?.
- Ne payez jamais pour récupérer votre argent. Après ces arnaques arrivent souvent de faux avocats ou de faux enquêteurs qui promettent de vous rembourser contre une commission. C'est la seconde arnaque : l'arnaque au recouvrement.
En Belgique, consultez les mises en garde de la FSMA ; en Suisse, la liste d'avertissement de la FINMA.
Le même truc, il y a des années
Se servir de la célébrité d'autrui pour vendre du vent n'a pas été inventé par l'IA. En 2017, le Fyre Festival a été vendu par des mannequins et des influenceurs qui annonçaient une île privée de luxe ; selon la plainte du syndic de la faillite, presque aucun n'a indiqué que sa publication était une publicité payée, et sur l'île il n'y avait rien. Sa Loi de la tromperie, la n° 10 : « Quand les stars l'annoncent, nul ne demande si ça existe. »
Avant encore, Lou Pearlman montrait à ses investisseurs les boys bands qu'il avait créés, les Backstreet Boys et NSYNC, tout en leur vendant une épargne garantie par des assurances qui n'existaient pas. Les groupes n'ont pas créé la fraude : ils lui ont servi de vitrine. Sa loi, la n° 13, dit tout : « La célébrité d'un autre ne garantit pas votre argent. » Le deepfake n'a fait que rendre la vitrine bon marché : il n'est plus nécessaire d'engager la célébrité, il suffit de copier son visage.
Pourquoi ça marche
Ces publicités actionnent deux des cinq ressorts que nous étudions chez MATERIUM : l'autorité (« si une personne connue le dit, ce doit être vrai ») et la peur de passer à côté (« d'autres sont déjà en train de s'enrichir »). Beaucoup de ces campagnes vendent des cryptomonnaies ou des plateformes de trading : si c'est votre cas, lisez aussi notre guide des arnaques crypto. Et avant tout placement, passez l'offre au vérificateur pour reconnaître une arnaque : c'est la vérification qu'aucune vidéo, aussi parfaite soit-elle, ne peut falsifier. Toutes nos lois sont réunies dans Les Lois de la tromperie.
Questions fréquentes
Les publicités où une célébrité recommande d'investir sont-elles vraies ?
Celles qui promettent de vous enrichir avec une plateforme d'investissement ou de cryptomonnaies sont fausses. Aucune célébrité réelle ne vous vend un placement miracle dans une publicité sur les réseaux sociaux : la célébrité d'un autre ne garantit pas votre argent.
Qu'est-ce qu'une arnaque au deepfake de célébrité ?
Une vidéo ou un enregistrement audio manipulé par intelligence artificielle (un hypertrucage) dans lequel une personnalité semble dire ce qu'elle n'a jamais dit, par exemple qu'elle investit sur une plateforme miracle. Il sert à donner de la crédibilité à une société non autorisée.
Une célébrité recommande une crypto : est-ce une arnaque ?
Si la recommandation arrive par une publicité, un faux article ou un groupe WhatsApp et promet des gains rapides, oui, presque toujours. Vérifiez la plateforme sur les listes noires de l'AMF et sur la liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) : depuis le 1er juillet 2026, c'est le seul statut qui permet d'en proposer en France.
Comment signaler une fausse pub d'investissement ?
Signalez-la sur le réseau social depuis le menu de la publicité, signalez le contenu sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr) et contactez AMF Epargne Info Service au 01 53 45 62 00. Si vous avez payé ou donné vos coordonnées, appelez votre banque et portez plainte.
Puis-je me fier à la publicité si elle renvoie vers un journal connu ?
Non. Beaucoup de ces publicités mènent à des pages qui copient la mise en page de vrais médias. Vérifiez que l'adresse est bien celle du média et cherchez l'article vous-même depuis sa page d'accueil.
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr, Escroquerie au placement financier (publicités en ligne, articles sponsorisés, influenceurs)
- AMF, Listes noires des sociétés et sites non autorisés (dont usurpations)
- AMF, Investir en crypto-monnaies : quel professionnel choisir ? (PSCA)
- AMF, Epargne Info Service
- Wikipédia, Hypertrucage (deepfake)
- Pharos, Portail officiel de signalement des contenus illicites
- Service-Public.fr, Arnaques sur internet (THESEE, Pharos…)
- Cybermalveillance.gouv.fr, Fraude au faux conseiller bancaire
- FSMA (Belgique), Mises en garde
- FINMA (Suisse), Liste d'avertissement
Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil financier ni un conseil juridique. Avant une décision d'investissement, consultez un professionnel agréé.