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  2. Les types d'arnaques, expliqués par des affaires réelles
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Types de fraude · Crypto

Arnaques aux cryptomonnaies : types et signes d'alerte

Publié le 20 octobre 2026 · Revu le 28 octobre 2026 · 5 min de lecture

Les arnaques crypto sont des fraudes qui utilisent les cryptomonnaies comme appât ou comme moyen de paiement : fausses plateformes d'investissement, monnaies qui n'existent pas, pyramides avec commissions de recrutement ou plateformes d'échange qui dépensent l'argent de leurs clients. Les montants sont énormes : le FBI a reçu en 2024 des plaintes pour environ 9,3 milliards de dollars de fraudes liées aux cryptomonnaies, rien qu'aux États-Unis. La technologie est nouvelle ; les ruses ont plus d'un siècle.

Qu'est-ce qu'une arnaque à la cryptomonnaie ?

C'est toute tromperie dans laquelle la promesse ou le paiement passent par des crypto-actifs. Parfois, la crypto est le produit (une nouvelle monnaie « qui sera le prochain bitcoin ») ; parfois, seulement le moyen (on vous demande de payer en crypto parce que c'est rapide et difficile à tracer). Ce qui change par rapport à une arnaque à l'investissement classique, c'est l'apparence de modernité, qui dissuade beaucoup de gens de poser des questions de peur de passer pour ignorants. C'est précisément ce dont l'escroc a besoin.

Quels sont les types d'arnaques crypto les plus courants ?

  1. La fausse plateforme d'investissement. Un site ou une application aux courbes qui montent et un « conseiller » qui vous pousse à déposer davantage. Le solde n'est qu'un chiffre sur son écran. Quand vous essayez de retirer, on vous réclame des frais ou des impôts.
  2. La monnaie qui n'existe pas. Une prétendue cryptomonnaie sans chaîne de blocs publique, dont le prix est fixé par la société elle-même. C'était le cas de OneCoin.
  3. La pyramide crypto. Vous payez un « pack » pour entrer et vous gagnez en faisant venir d'autres personnes. C'est une vente pyramidale avec un vocabulaire neuf.
  4. Le rendement garanti. Un « robot » d'arbitrage ou de trading qui verse un pourcentage fixe chaque semaine. Si les versements proviennent de l'argent des nouveaux, c'est une pyramide de Ponzi.
  5. La romance qui finit en placement. Quelqu'un vous séduit ou devient votre ami et vous apprend à investir sur sa plateforme. Le Trésor américain appelle cela pig butchering. Nous l'expliquons dans l'arnaque aux sentiments.
  6. Le token gonflé. Des promoteurs achètent bas, annoncent sur les réseaux qu'il « va exploser » et vendent au moment où vous entrez. C'est un pump and dump.
  7. La plateforme d'échange qui utilise votre argent. Une plateforme bien réelle qui, au lieu de conserver vos actifs, les prête ou les dépense. C'était le cas de FTX.

Arnaque crypto sur Telegram ou WhatsApp : comment la repérer ?

Les messageries sont la porte d'entrée la plus fréquente : un « expert » qui vous guide pas à pas, un groupe d'investisseurs, un message « envoyé par erreur » qui débouche sur une amitié puis sur un placement. Cybermalveillance.gouv.fr, qui cite les réseaux sociaux, les messageries instantanées et les « groupes d'investisseurs » parmi les premiers points de contact, décrit le schéma : un faux conseiller personnel multiplie les échanges pour créer une relation « privilégiée », un premier petit versement semble rapporter vite, puis viennent la pression pour investir davantage et, au moment du retrait, des « taxes » à payer. Les signes à guetter, quel que soit le canal :

  • Un rendement fixe et élevé. Aucun actif aussi volatil qu'une cryptomonnaie ne verse 2 % par semaine garantis.
  • Absente de tout registre. Avec MiCA, quiconque fournit des services sur crypto-actifs dans l'Union européenne a besoin d'une autorisation. En France, vérifiez sur la liste blanche des PSCA de l'AMF ; depuis le 1er juillet 2026, l'ancien enregistrement PSAN ne suffit plus.
  • Vous ne pouvez revendre qu'en interne. Si la monnaie n'est pas cotée sur des marchés indépendants, son prix est celui que décide la société.
  • Des commissions de recrutement. Si vous gagnez en faisant venir d'autres personnes, l'affaire, ce sont les gens, pas la technologie.
  • Payer pour retirer. Aucune plateforme légitime ne vous demande un « impôt » d'avance pour vous rendre votre argent.
  • C'est eux qui vous contactent. Un message, un appel, une publicité avec le visage d'une célébrité ou un « expert » qui vous guide sur WhatsApp ou Telegram.
  • Vous ne savez pas qui conserve vos actifs. Si vous ne pouvez pas vérifier qu'ils sont toujours à votre nom, ils ne sont pas à vous.

Passez toute offre au vérificateur pour reconnaître une arnaque avant d'envoyer quoi que ce soit.

Quelles affaires réelles le démontrent ?

OneCoin (2014-2017). Ruja Ignatova la présentait comme « la tueuse du bitcoin », mais elle n'avait pas de blockchain : les pièces n'étaient que des écritures sur un serveur de la société. Selon le parquet américain, des millions de personnes y ont apporté plus de 4 milliards de dollars. Ignatova a disparu en 2017 et figure sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI ; son associé Sebastian Greenwood a été condamné à 20 ans de prison en 2023. Nous le racontons dans l'affaire Ruja Ignatova. Sa Loi de la tromperie, la n° 5 : « Vendez la révolution, pas le produit. »

FTX (2019-2022). Une plateforme d'échange bien réelle, avec son propre stade et une publicité au Super Bowl. Selon le parquet, environ 8 milliards de dollars de dépôts de clients ont fini chez Alameda Research, le fonds de son fondateur, qui les a investis, prêtés et dépensés. À la faillite, elle détenait 105 bitcoins face aux près de 100 000 que réclamaient les clients. Sam Bankman-Fried a été condamné à 25 ans de prison en 2024. C'est dans l'affaire Sam Bankman-Fried, avec sa Loi n° 16 : « Être remboursé ne veut pas dire ne pas avoir été volé. »

Pourquoi les arnaques crypto fonctionnent-elles ?

Parce qu'elles réunissent trois ressorts : la cupidité (des rendements qui n'existent nulle part ailleurs), la peur de passer à côté (« celui qui a acheté du bitcoin en 2010 est millionnaire aujourd'hui ») et l'autorité de celui qui semble comprendre une technologie que la victime ne maîtrise pas. Les Lois de la tromperie montrent que c'est le même piège qu'en 1920, sur un autre écran.

Arnaque crypto : que faire si vous avez un doute ?

  1. N'envoyez plus de fonds, pas même pour payer des frais ou des impôts de retrait.
  2. Vérifiez la liste blanche des PSCA et les listes noires de l'AMF. En Belgique, consultez les mises en garde de la FSMA ; en Suisse, la liste d'avertissement de la FINMA.
  3. Conservez les preuves : adresses de portefeuille, identifiants des transactions, captures d'écran du site et des conversations.
  4. Prévenez votre banque ou la plateforme d'échange depuis laquelle vous avez envoyé l'argent.
  5. Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou en ligne via THESEE pour une escroquerie sur internet. Info Escroqueries vous oriente gratuitement au 0 805 805 817.
  6. N'engagez personne qui promet de tout récupérer. Le FBI rappelle que les sociétés privées ne peuvent pas ordonner la saisie de cryptomonnaies. Nous l'expliquons dans l'arnaque au recouvrement.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une arnaque crypto ?

Une fraude qui utilise les cryptomonnaies comme appât ou comme moyen de paiement : fausses plateformes d'investissement, monnaies qui n'existent pas, pyramides avec commissions de recrutement, plateformes d'échange qui dépensent l'argent de leurs clients ou tokens gonflés pour vendre au sommet. Le mécanisme est ancien ; la nouveauté, c'est la technologie qui l'enveloppe.

Comment repérer une arnaque à la cryptomonnaie ?

Méfiez-vous des rendements fixes et élevés, des plateformes absentes de tout registre, d'une monnaie que vous ne pouvez revendre qu'auprès de la société elle-même, des commissions pour faire venir d'autres personnes et de toute demande de paiement pour retirer vos fonds.

Les sociétés crypto sont-elles réglementées en France ?

Oui. Depuis le 1er juillet 2026, toute société qui propose des services sur crypto-actifs en France doit avoir le statut européen de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) issu du règlement MiCA ; l'ancien statut français de PSAN ne suffit plus. Vérifiez qu'elle figure sur la liste blanche des PSCA de l'AMF avant d'envoyer quoi que ce soit.

Combien perd-on dans les arnaques aux cryptomonnaies ?

Aux États-Unis, le FBI a reçu en 2024 des plaintes pour des fraudes liées aux cryptomonnaies représentant environ 9,3 milliards de dollars, en majorité de faux investissements. Ce ne sont que les cas signalés.

Arnaque crypto : que faire, et peut-on récupérer l'argent ?

C'est difficile et cela dépend de l'enquête policière et judiciaire. Arrêtez les versements, gardez les preuves et portez plainte. Méfiez-vous de toute société qui promet de le récupérer contre paiement : le FBI rappelle que les sociétés privées ne peuvent pas ordonner la saisie de cryptomonnaies et que ces offres sont souvent une seconde arnaque.

Sources

Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil financier ni un conseil juridique. Avant une décision d'investissement, consultez un professionnel agréé.