Pour vérifier si une société d'investissement est autorisée en France, cherchez-la vous-même, par sa raison sociale, dans REGAFI, l'annuaire des établissements agréés tenu par la Banque de France et l'ACPR, et, si c'est un conseiller, dans le registre ORIAS. Regardez ensuite si elle figure sur la liste noire de l'AMF, qui recense les sites et sociétés non autorisés. Ce sont trois consultations gratuites qui prennent cinq minutes. En cas de doute, AMF Epargne Info Service répond au 01 53 45 62 00.
La règle de fond est simple : en France, seuls les professionnels inscrits dans les registres officiels peuvent vous proposer des services d'investissement. Ce que disent le site de la société, son certificat ou son commercial ne compte pas. Ce qui compte, c'est ce que dit le registre.
Étape 1 : cherchez la société dans REGAFI
Toute société, française ou étrangère, qui vous propose des services d'investissement doit être agréée comme « prestataire de services d'investissement » (PSI) : entreprise d'investissement, banque ou courtier en ligne. Selon l'AMF, elle doit alors figurer dans l'annuaire REGAFI.
- Ouvrez REGAFI en tapant vous-même l'adresse, jamais à partir d'un lien envoyé par la société.
- Saisissez la raison sociale, c'est-à-dire le nom de la société qui exploite le site, et pas seulement sa marque commerciale. Vous la trouverez dans les mentions légales du site ou à la rubrique contact.
- Affinez si besoin avec d'autres critères, par exemple le code CIB, le code interbancaire à cinq chiffres attribué par l'ACPR aux établissements de crédit agréés en France ou à Monaco.
- Ouvrez la fiche et comparez les coordonnées (adresse, site, téléphone) avec celles qu'on vous a données. L'AMF met en garde contre les usurpations : des escrocs empruntent le nom de sociétés présentes sur REGAFI, ou un nom très proche, et la différence tient parfois à une lettre en plus dans le nom ou dans l'adresse du site.
Si l'on vous propose un fonds ou une sicav, vérifiez qu'il est agréé dans la base GECO de l'AMF, en cherchant son nom ou celui de sa société de gestion.
Étape 2 : vérifiez un conseiller ou un intermédiaire sur l'ORIAS
Si la personne qui vous propose des placements se présente comme conseiller en investissements financiers (CIF), elle doit être immatriculée au registre unique tenu par l'ORIAS, qui recense les intermédiaires en assurance, banque et finance.
- Entrez le nom du CIF : ce peut être une personne physique ou une société.
- Affinez au besoin avec une ville ou une adresse.
- Vérifiez que la mention « INSCRIT » figure en face de la catégorie qui vous concerne.
Si l'on vous démarche chez vous ou par téléphone, le démarcheur doit présenter une carte de démarchage et vous donner son nom et son adresse, ainsi que ceux de la société pour laquelle il agit. Vérifiez ces informations directement auprès de cette société.
Pour les cryptomonnaies, la vérification a changé : depuis le 1er juillet 2026, une plateforme doit avoir le statut européen de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA). L'AMF précise que les sociétés qui n'avaient que l'ancien statut français de PSAN ne sont plus autorisées à proposer leurs services. Consultez la liste blanche des PSCA de l'AMF.
Étape 3 : consultez la liste noire de l'AMF
L'AMF publie des listes noires des sociétés et sites non autorisés, classées par catégorie : Forex, options binaires, biens divers, produits dérivés sur crypto-actifs, usurpations d'acteurs régulés.
- Cherchez le nom de la société et celui de son site, car beaucoup d'escrocs changent de marque en gardant le domaine, ou l'inverse.
- Ne vous arrêtez pas là. L'AMF prévient que ces listes, mises à jour régulièrement, ne peuvent pas être exhaustives : de nouveaux acteurs non autorisés apparaissent sans cesse. Si la société n'y figure pas, vous devez quand même vérifier ses autorisations.
- Élargissez à l'étranger. L'AMF signale le service I-SCAN de l'OICV, qui donne accès aux listes noires de plus de 150 régulateurs, en rappelant qu'une société non autorisée dans un pays peut l'être dans un autre.
En cas de doute sur une proposition, le test « Suis-je victime d'une arnaque ? » d'AMF Protect Epargne estime le niveau de risque.
Ce que signifie chaque résultat
| Ce que vous trouvez | Ce que cela signifie | Que faire |
|---|---|---|
| Elle figure dans REGAFI ou à l'ORIAS, avec les mêmes coordonnées | C'est un professionnel autorisé pour les activités indiquées sur sa fiche | Vérifiez que le produit proposé entre dans ces activités et que votre interlocuteur travaille vraiment pour elle |
| Elle figure, mais avec un autre site, un autre téléphone ou une autre adresse | Usurpation possible d'un établissement réel | Appelez vous-même le numéro inscrit au registre et demandez si cette offre est la sienne |
| Elle ne figure dans aucun registre | Elle ne peut pas vous proposer de services d'investissement en France | N'investissez pas. Vous pouvez la signaler à l'AMF |
| Elle figure sur la liste noire de l'AMF | Le régulateur a déjà mis en garde contre elle | N'investissez pas et ne donnez aucune donnée. Si vous avez déjà payé, lisez victime d'une arnaque : que faire ? |
| Elle ne figure pas sur la liste noire | Cela ne dit rien en sa faveur | La liste n'est jamais complète : sans registre, elle n'est toujours pas autorisée |
Une dernière nuance : être enregistrée ne rend pas un placement bon ni sûr. Cela signifie qu'il existe un régulateur auprès duquel réclamer. Le risque du produit reste le vôtre.
En Belgique, en Suisse et au Québec
Chaque pays a son régulateur et ses registres. Vérifiez-y tout courtier ou toute plateforme, même s'il se dit autorisé ailleurs en Europe :
- Belgique : la FSMA publie ses mises en garde contre les sociétés non autorisées.
- Suisse : la FINMA permet de rechercher les établissements, personnes et produits autorisés par leur nom et tient une liste d'avertissement.
- Québec : l'Autorité des marchés financiers (AMF Québec) tient le registre des entreprises et des personnes autorisées à exercer.
Une société autorisée dans un pays ne l'est pas automatiquement dans un autre. Si elle travaille avec vous, elle doit figurer dans le registre du pays où vous vivez.
La même ruse, il y a un siècle
Vérifier auprès du régulateur semble une formalité moderne, mais le piège qu'elle évite est ancien. Allen Stanford vendait les certificats de dépôt de sa banque d'Antigua, hors de portée des autorités de contrôle de ses clients. Ils promettaient près du double des intérêts d'une banque américaine, et le Venezuela a été le pays le plus touché. Nous le racontons dans l'affaire Stanford : sa Loi de la tromperie dit que « la peur de l'épargnant fait le capital de l'escroc ».
Un siècle plus tôt, Gregor MacGregor plaçait à Londres, en 1822, des obligations du « gouvernement du Poyais », un pays qui n'existait pas. Il avait un drapeau, une monnaie et un guide imprimé. Personne n'a interrogé une source indépendante. Aujourd'hui, cette source existe et elle est gratuite : le registre. Nous l'expliquons dans l'affaire du Poyais.
Les signes qui doivent vous arrêter
- On vous donne un numéro d'enregistrement, mais on préfère que vous ne le cherchiez pas « parce que le site officiel est lent ».
- On se dit autorisé par un organisme étranger que vous ne pouvez pas vérifier ou qui n'existe pas.
- On vous contacte sur WhatsApp, Telegram ou les réseaux sociaux sans que vous l'ayez demandé.
- On vous demande de payer sur un compte personnel, en cryptomonnaies ou à l'étranger.
- On promet un rendement élevé et sans risque. La liste complète est dans comment reconnaître une arnaque, et la checklist avant d'investir réunit les douze questions à se poser.
Si quelque chose ne colle pas, lisez aussi notre guide sur l'arnaque à l'investissement et appelez AMF Epargne Info Service avant de payer quoi que ce soit. C'est le prix d'un appel local, et ce sont des personnes qui vous répondent.
Questions fréquentes
Comment vérifier si une société d'investissement est autorisée en France ?
Cherchez sa raison sociale dans REGAFI (banques et prestataires de services d'investissement) et, s'il s'agit d'un conseiller en investissements financiers, dans le registre ORIAS, où il doit apparaître « INSCRIT ». Vérifiez ensuite qu'elle ne figure pas sur la liste noire de l'AMF. Si elle n'apparaît dans aucun registre, elle ne peut pas vous proposer de placements en France.
Qu'est-ce que la liste noire de l'AMF ?
C'est la liste des sociétés et sites non autorisés qui ont fait l'objet d'une mise en garde de l'Autorité des marchés financiers ou qui usurpent l'identité d'un acteur régulé (Forex, crypto-actifs, biens divers…). L'AMF précise qu'elle ne peut pas être exhaustive : ne pas y figurer ne prouve pas qu'une société est légale.
Puis-je appeler l'AMF pour me renseigner sur une société ?
Oui. AMF Epargne Info Service répond au 01 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 (prix d'un appel local), et par formulaire en ligne. Attention : l'AMF ne contacte jamais les épargnants de sa propre initiative par téléphone ou par messagerie.
Suffit-il que la société m'envoie son numéro d'enregistrement ?
Non. Recopiez ce numéro ou le nom et cherchez-le vous-même dans le registre officiel, depuis l'adresse que vous tapez dans votre navigateur. L'AMF prévient que des escrocs empruntent le nom de sociétés présentes sur REGAFI et insistent pour que vous vérifiiez, afin de prouver leur « bonne foi ».
Comment vérifier un courtier en Belgique, en Suisse ou au Québec ?
Auprès de l'autorité de votre pays : la FSMA en Belgique, la FINMA en Suisse et l'Autorité des marchés financiers au Québec. Toutes publient la liste des sociétés autorisées et des mises en garde.
Sources
- AMF, Vérifier une autorisation
- AMF, Listes noires et mises en garde
- AMF, Listes blanches
- AMF, Investir en « crypto-monnaies » : quel professionnel choisir ?
- AMF, Epargne Info Service
- AMF Protect Epargne, Suis-je victime d'une arnaque ?
- AMF, base GECO des produits d'épargne et sociétés de gestion
- REGAFI, Registre des agents financiers (Banque de France, ACPR)
- ORIAS, Registre des intermédiaires en assurance, banque et finance
- FSMA (Belgique), Mises en garde
- FINMA (Suisse), Établissements, personnes et produits autorisés
- FINMA (Suisse), Liste d'avertissement
Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil financier ni un conseil juridique. Avant une décision d'investissement, consultez un professionnel agréé.