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Checklist avant d'investir : 12 questions

Publié le 20 octobre 2026 · Revu le 28 octobre 2026 · 6 min de lecture

Que vérifier avant d'investir ? Six choses : qui vous fait l'offre et s'il est autorisé, ce qu'est exactement le produit, d'où vient le rendement, quels risques et quels frais il comporte, comment vous récupérez votre argent et qui le conserve. Les douze questions ci-dessous en font une checklist d'investissement qui se parcourt en dix minutes. Chacune est accompagnée de l'affaire réelle de la série MATERIUM qu'elle aurait arrêtée : de Charles Ponzi en 1920 à FTX en 2022, les victimes ne les ont pas posées ou n'ont pas pu vérifier la réponse.

Imprimez-la avec la fonction d'impression de votre navigateur et relisez-la avec une personne de confiance avant de signer. Si une réponse est « je ne sais pas » ou « c'est eux qui me l'ont dit », la question reste sans réponse.

Les 12 questions à poser avant d'investir

Sur la personne qui vous fait l'offre

  1. La société figure-t-elle dans le registre officiel, avec les mêmes coordonnées que celles qu'on m'a données ? Pour un prestataire de services d'investissement, l'AMF renvoie à REGAFI : saisissez la raison sociale, c'est-à-dire le nom de la société qui exploite le site, que vous trouverez dans ses mentions légales (le nom du site n'est parfois qu'une marque). Pour un conseiller en investissements financiers, cherchez-le à l'ORIAS et vérifiez que la mention « INSCRIT » figure en face de son agrément. Pour une plateforme de cryptomonnaies, consultez la liste blanche des PSCA : depuis le 1er juillet 2026, l'ancien statut PSAN ne suffit plus. Le pas à pas est dans notre guide pour vérifier si une société d'investissement est autorisée. L'affaire qui l'aurait évitée : Allen Stanford vendait depuis une banque à Antigua, hors de portée des autorités de contrôle de ses clients.
  2. Apparaît-elle sur les listes noires de l'AMF ou sur celles d'autres pays ? Une minute sur les listes noires et mises en garde de l'AMF. Attention : l'AMF met en garde contre les usurpateurs qui empruntent le nom d'une société inscrite, à une lettre près. Tapez aussi le nom des dirigeants avec « sanction » ou « arnaque ». L'affaire : la SEC a infligé une amende à Jordan Belfort en 1994 et l'a banni du secteur, mais il a continué à diriger depuis l'extérieur ; le régulateur des courtiers n'a exclu Stratton Oakmont qu'en décembre 1996. Ses clients pouvaient lire cet historique.
  3. Suis-je allé vers eux ou sont-ils venus à moi ? Les appels, messages, publicités et « opportunités » de connaissances que vous n'avez pas sollicités sont la porte d'entrée de presque toutes les fraudes. Si l'on vous démarche, le démarcheur doit être titulaire d'une carte de démarchage et vous donner son nom et celui de la société pour laquelle il agit : vérifiez auprès de cette société, rappelle l'AMF. L'affaire : OneCoin s'est répandu dans des dizaines de pays grâce à des commissions de recrutement : l'offre venait d'un parent ou d'un ami, et la confiance en lui remplaçait la vérification.

Sur le produit

  1. Puis-je expliquer avec mes mots d'où vient le gain ? Si vous ne le comprenez pas, ne l'achetez pas. Pour un fonds ou une sicav, vérifiez qu'il est agréé dans la base GECO de l'AMF. L'affaire : Theranos vendait une technologie « révolutionnaire » que personne en dehors de l'entreprise ne pouvait examiner. Sa Loi de la tromperie, la n° 15 : « Si vous promettez l'avenir, personne ne vérifie le présent. »
  2. Le rendement promis est-il élevé et, en plus, sûr ? Les deux à la fois n'existent pas. L'affaire : Baldomera Larra promettait 30 % par mois dans le Madrid de 1876, et Charles Ponzi 50 % en 45 jours dans le Boston de 1920.
  3. Mes gains dépendent-ils de l'arrivée d'autres personnes ? Si vous êtes payé pour faire entrer des gens, ou si les premiers sont payés avec l'argent des suivants, c'est une pyramide ou une pyramide de Ponzi. L'affaire : la MMM de Sergueï Mavrodi vendait des actions dont il fixait lui-même le prix et qui ne faisaient que monter, jusqu'à ce qu'en juillet 1994 il le fasse tomber de 115 000 à 1 000 roubles.
  4. Les résultats sont-ils toujours bons, sans un seul mauvais mois ? Les vrais marchés montent et descendent. L'affaire : Bernard Madoff envoyait pendant des décennies des relevés aux gains réguliers. Il n'investissait pas l'argent : il le gardait sur un compte bancaire.

Sur les preuves

  1. Les preuves qu'on me montre ont-elles été fabriquées par le vendeur lui-même ? Brochures, contrats, audits ou certificats de la société ne remplacent pas une source indépendante. L'affaire : Gregor MacGregor a imprimé le drapeau, la monnaie et un guide de Poyais, un pays qui n'existait pas. Et l'« auditeur » de Lou Pearlman était un service de répondeur téléphonique.
  2. Cherche-t-on à me convaincre avec des célébrités, du luxe ou des « gens importants » ? La célébrité d'un autre ne garantit pas votre argent. L'affaire : le Fyre Festival a été vendu avec des mannequins et des influenceurs, et aujourd'hui les publicités de célébrités sont truquées avec l'IA. Nous l'expliquons dans les fausses publicités de célébrités.

Sur votre argent

  1. Puis-je retirer mon argent quand je veux, sans rien payer pour le faire ? Si, pour le récupérer, on vous réclame des frais, une taxe ou une « vérification », c'est la phase finale de l'arnaque. Cybermalveillance.gouv.fr décrit exactement ce schéma : une fois les sommes devenues importantes, les escrocs exigent le paiement de taxes, puis deviennent injoignables. L'affaire : chez FTX, les clients ont découvert d'un coup que leur argent n'était plus là, alors que le contrat disait que leurs actifs leur appartenaient à tout moment.
  2. Qui conserve mon argent, et au nom de qui est le compte sur lequel je paie ? Jamais un compte personnel, un portefeuille crypto qu'on vous transmet par messagerie ou un établissement à l'étranger que vous ne pouvez pas vérifier. L'affaire : les victimes de Simon Leviev lui prêtaient de l'argent qui finissait par payer les jets avec lesquels il séduisait la suivante.

Sur votre façon de décider

  1. Me presse-t-on, ou me demande-t-on de n'en parler à personne ? L'urgence et le secret existent pour que vous ne vérifiiez pas. Parlez-en à une personne de confiance avant de signer. L'affaire : en 1925, Victor Lustig a convaincu les ferrailleurs de Paris que la vente de la tour Eiffel était confidentielle. Ainsi, personne n'a vérifié.

Comment utiliser cette checklist

  • Répondez par écrit. À côté de chaque question, notez la réponse et d'où vous la tenez. Si la seule source est le vendeur, considérez-la comme sans réponse.
  • Une seule mauvaise réponse suffit. Ce n'est pas un score : une société absente des registres ou un retrait soumis à péage est une raison suffisante pour s'arrêter.
  • Faites-la avec une autre personne. Expliquer un placement à voix haute à quelqu'un qui n'y gagne rien déjoue bien des pièges.
  • Si l'offre vous arrive par internet ou par téléphone, passez-la aussi au vérificateur de MATERIUM, qui fonctionne uniquement dans votre navigateur. L'AMF propose également un test pour estimer le risque d'arnaque sur son site Protect Epargne.

Pourquoi ces questions permettent d'éviter les arnaques financières

Les grandes escroqueries changent de déguisement, pas de mécanisme. Elles s'attaquent à cinq ressorts humains : la cupidité, la confiance, l'autorité, la peur de passer à côté et la honte. Les questions 5 à 7 freinent la cupidité ; les questions 1, 2 et 8, la confiance mal placée ; la 9, l'autorité d'emprunt ; la 12, la peur de rater l'occasion ; et faire la liste à deux désamorce la honte. Chaque épisode de MATERIUM se termine par l'une de nos Lois de la tromperie, qui résume comment l'un de ces ressorts a été actionné dans une affaire réelle. Pour aller plus loin, lisez pourquoi tombe-t-on dans les arnaques.

Si une réponse arrive trop tard

Si vous avez investi et que vous voyez maintenant des signaux d'alerte, n'envoyez plus d'argent et ne payez personne qui promet de le récupérer : cybermalveillance.gouv.fr met en garde contre les faux services de récupération de fonds. Suivez les étapes de victime d'une arnaque : que faire ? : appeler votre banque, conserver les preuves et porter plainte. Info Escroqueries vous oriente au 0 805 805 817 (appel gratuit). Et si vous voulez poser une question avant de décider, AMF Epargne Info Service répond au 01 53 45 62 00. En Belgique, consultez les mises en garde de la FSMA ; en Suisse, la liste d'avertissement de la FINMA.

Questions fréquentes

Que vérifier avant d'investir ?

Qui vous fait l'offre et s'il est autorisé, quel est le produit et comment il gagne de l'argent, quel risque il comporte, ce qu'il coûte, comment vous récupérez votre argent et qui le conserve. Si une réponse ne vous convainc pas ou si vous ne pouvez pas la vérifier vous-même, n'investissez pas.

Quelles sont les questions à poser avant d'investir ?

Trois d'abord : la société figure-t-elle dans REGAFI ou à l'ORIAS, et pas sur les listes noires de l'AMF ? D'où vient exactement le rendement ? Puis-je retirer mon argent quand je veux, sans rien payer pour cela ? Ces trois questions auraient arrêté la plupart des victimes des grandes escroqueries.

Comment éviter les arnaques financières ?

Ne décidez ni dans l'urgence ni en secret, vérifiez le vendeur dans le registre officiel et non sur son site, méfiez-vous des rendements à la fois élevés et sûrs, et ne payez jamais en cryptomonnaies ou sur un compte personnel à la demande d'un inconnu.

Puis-je imprimer cette checklist d'investissement ?

Oui. Utilisez la fonction d'impression de votre navigateur (Ctrl+P ou Cmd+P) et rangez-la avec vos papiers de banque. Elle est gratuite et nous ne collectons aucune donnée.

À qui poser une question avant d'investir ?

En France, AMF Epargne Info Service répond aux épargnants au 01 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30, ou par formulaire. L'AMF précise qu'elle ne contacte jamais les épargnants de sa propre initiative par téléphone ou par messagerie privée.

Sources

Contenu pédagogique : ce n'est ni un conseil financier ni un conseil juridique. Avant une décision d'investissement, consultez un professionnel agréé.