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Listes · Imposteurs

Les imposteurs les plus célèbres de l'histoire

Publié le 20 octobre 2026 · Revu le 30 octobre 2026 · 8 min de lecture

Les imposteurs les plus célèbres de l'histoire ont trompé avec une fausse identité, pas avec un produit : un faux prince qui a vendu à Londres les obligations d'un pays inexistant (Gregor MacGregor, 1822), un faux fonctionnaire qui a vendu la tour Eiffel (Victor Lustig, 1925), une fausse héritière qui s'est glissée dans la haute société new-yorkaise (Anna Sorokin, condamnée en 2019). Tous partagent un trait : personne n'a fait la vérification simple qui les aurait démasqués. Voici treize imposteurs célèbres, de 1704 à nos jours, avec la manière dont ils ont bâti leur mensonge et dont ils ont été découverts. Certains ont un épisode de MATERIUM, d'autres non, et nous le signalons.

Qui sont les imposteurs les plus célèbres de l'histoire ?

George Psalmanazar, le faux Formosan (1704)

Un Européen dont on ignore encore le vrai nom, probablement né dans le sud de la France, se présente à Londres comme un natif de Formose, l'actuelle Taïwan, enlevé par des jésuites. En 1704, il publie une Description historique et géographique de l'île de Formose, avec des coutumes, une religion et même un alphabet inventés, qui connaît plusieurs éditions en anglais, en français et en allemand. Ses « lettres formosanes » apparaissent encore dans des grammaires allemandes au XIXe siècle. Dans son testament, il reconnaît que tout était une imposture, et ses Mémoires paraissent en 1764, après sa mort. Pas d'épisode de MATERIUM.

Gregor MacGregor, le faux prince de Poyais (1822)

Véritable général de l'indépendance du Venezuela, il se proclame cazique, c'est-à-dire prince, de Poyais, un pays qui n'existe pas sur la côte des Mosquitos. Il en dessine le drapeau, la monnaie et un guide de 355 pages, place des obligations pour 200 000 livres à Londres et envoie quelque 250 colons dans une jungle vide. Ce sont les survivants revenus en Europe qui le démasquent. Jugé à Paris en 1826, il est acquitté. Avec épisode : regardez le documentaire sur Gregor MacGregor.

Thérèse Humbert, l'héritière d'un héritage fantôme (1880-1902)

En France, Thérèse Humbert affirme qu'un millionnaire américain, Robert Henry Crawford, lui a légué sa fortune, et que les titres sont enfermés dans un coffre-fort scellé, en attendant l'issue d'un procès avec de prétendus neveux. Avec cette garantie, elle emprunte pendant une vingtaine d'années et mène grand train à Paris. Quand, en 1902, la justice fait ouvrir le coffre, il ne contient qu'une brique et une pièce d'un penny. Elle s'enfuit, est arrêtée à Madrid en décembre 1902 et condamnée à cinq ans de travaux forcés. Pas d'épisode de MATERIUM, mais son affaire a sa page : Thérèse Humbert et l'héritage Crawford.

Cassie Chadwick, la fausse fille de Carnegie (1897-1904)

À Cleveland, Elizabeth Bigley, connue sous le nom de Cassie Chadwick, fait croire à des banquiers qu'elle est la fille illégitime du magnat Andrew Carnegie et qu'elle héritera d'une fortune. Elle laisse « tomber » une fausse reconnaissance de dette portant sa prétendue signature et obtient des prêts sur cette garantie. Carnegie assiste à son procès ; en 1905, elle est condamnée à 14 ans de prison et meurt en détention en 1907. Pas d'épisode de MATERIUM.

Wilhelm Voigt, le faux capitaine de Köpenick (1906)

Un cordonnier sans emploi achète un uniforme usagé de capitaine prussien, prend le commandement d'un groupe de soldats croisés dans la rue, occupe l'hôtel de ville de Köpenick, près de Berlin, arrête le maire et emporte la caisse municipale. Personne ne lui demande d'ordre écrit : l'uniforme suffit. La presse en fait un héros, et son histoire inspire une pièce de théâtre, Le Capitaine de Köpenick, et plus de dix films. Pas d'épisode de MATERIUM.

Victor Lustig, le faux fonctionnaire qui a vendu la tour Eiffel (1925)

Il se présente aux ferrailleurs de Paris comme directeur général adjoint du ministère des Postes et Télégraphes, avec du papier à en-tête contrefait, et vend la tour comme ferraille à l'industriel André Poisson. Il se fait appeler « comte ». Il sera plus tard arrêté aux États-Unis pour fausse monnaie. Avec épisode : c'est le premier de la série, le documentaire sur Victor Lustig.

Ferdinand Waldo Demara, « le roi des imposteurs » (années 1950)

Il se fait passer, entre autres, pour moine, professeur, avocat, gardien de prison et docteur en psychologie. Son exploit le plus connu a lieu pendant la guerre de Corée : il prend l'identité d'un jeune chirurgien canadien qu'il a rencontré, Joseph Cyr, sert comme médecin à bord du destroyer HMCS Cayuga et soigne des blessés au combat, selon le témoignage ultérieur du commandant du navire. Sa vie a donné un livre et le film Le Roi des imposteurs (1961), avec Tony Curtis. Pas d'épisode de MATERIUM.

Frank Abagnale, l'imposteur dont le plus grand mensonge fut sa propre histoire (1960-2020)

D'après ses mémoires, il a été, entre 16 et 21 ans, pilote de la Pan Am, médecin et avocat, et a encaissé des millions en faux chèques. Le film Arrête-moi si tu peux (2002) l'a rendu célèbre dans le monde entier. En 2020, le chercheur Alan C. Logan publie The Greatest Hoax on Earth, où il soutient, registres pénitentiaires, presse et témoins à l'appui, qu'une grande partie de ce récit est fausse et qu'Abagnale a passé une bonne partie de ces années en prison. Il a bien commis des fraudes et a bien été incarcéré, mais à une échelle bien moindre que la légende. Avec épisode dans la saison 1 (épisode 12) ; l'affaire se lit avec ses sources dans Frank Abagnale, l'histoire vraie d'*Arrête-moi si tu peux*.

Jean-Claude Romand, le faux médecin (1975-1993)

Pendant dix-huit ans, Jean-Claude Romand fait croire à sa famille et à ses amis qu'il est médecin et chercheur, à l'INSERM puis à l'Organisation mondiale de la santé, à Genève. En réalité, il n'a jamais achevé ses études de médecine et n'a aucun emploi : quand il se dit en congrès à l'étranger, il passe ses journées sur des parkings d'autoroute, et il vit de l'argent que des proches lui confient pour de prétendus placements. En janvier 1993, alors que le mensonge est sur le point d'éclater, il tue sa femme, leurs deux enfants et ses parents. Il est condamné en 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité et obtient une libération conditionnelle en 2019. L'écrivain Emmanuel Carrère a tiré de l'affaire L'Adversaire (2000). Nous la citons pour ce qu'elle enseigne sur la mécanique du mensonge, et d'abord en mémoire de ses victimes. Pas d'épisode de MATERIUM.

Christophe Rocancourt, le faux Rockefeller (années 1990-2001)

Après plusieurs condamnations en France, notamment pour fausse monnaie en 1989, il part pour les États-Unis, fréquente le milieu d'Hollywood et, en 2000, tente pendant six mois de se faire passer à New York pour un héritier de la famille Rockefeller. Arrêté dans les Hamptons pour une note d'hôtel impayée, il fuit au Canada, où il est arrêté en avril 2001. Il purge ensuite sa peine aux États-Unis et revient en France après sa libération, en octobre 2005, où il publie des livres autobiographiques à succès. En 2012, il est encore condamné pour abus de faiblesse sur la cinéaste Catherine Breillat. Pas d'épisode de MATERIUM.

Gilbert Chikli, le faux président et le faux ministre (2005-2017)

Entre 2005 et 2006, Gilbert Chikli se fait passer au téléphone pour le PDG de grandes entreprises, puis pour un agent des services secrets, et convainc des cadres de virer des sommes importantes au nom de la lutte contre le blanchiment ou le terrorisme : c'est l'origine de l'« arnaque au faux président ». Condamné par contumace en 2015 à Paris à sept ans de prison, réfugié en Israël, il est arrêté en Ukraine en août 2017 et extradé vers la France. Entre-temps, en 2015 et 2016, une bande se fait passer pour le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, en visioconférence et avec un masque en silicone, pour solliciter auprès de personnalités fortunées des fonds destinés à de prétendues opérations secrètes de l'État. Jugé pour cette arnaque au « faux Le Drian », Chikli est condamné en mars 2020 par le tribunal correctionnel de Paris à onze ans de prison, peine ramenée à dix ans en appel. Pas d'épisode de MATERIUM.

Anna Sorokin, la fausse héritière allemande (2013-2017)

Sous le nom d'Anna Delvey, elle se présente à New York comme une riche héritière allemande, vit dans des hôtels de luxe sans payer et emprunte de l'argent à des banques et à des amis. Selon le parquet de Manhattan, elle est condamnée en 2019 à une peine de 4 à 12 ans de prison pour avoir volé plus de 200 000 dollars. Netflix lui a versé 320 000 dollars pour les droits de son histoire, devenue la série Inventing Anna. Pas d'épisode de MATERIUM.

Shimon Hayut, « Simon Leviev » (2017-2019)

Il se présentait sur les applications de rencontre comme le fils du magnat du diamant Lev Leviev, avec jet privé et gardes du corps. D'après les enquêtes du quotidien norvégien VG et le documentaire L'Arnaqueur de Tinder, il feignait ensuite d'être en danger et demandait de l'argent à ses compagnes. Il a été condamné en Finlande (2015) et en Israël (2019, 15 mois) pour d'autres fraudes, mais n'a pas été jugé pour les faits que raconte le documentaire. Avec épisode dans la saison 1 (épisode 9) ; l'affaire avec ses sources : Simon Leviev, l'arnaqueur de Tinder.

L'imposture qui vient : la voix et le visage d'un autre

La dernière génération d'imposteurs n'a besoin ni d'uniforme ni de papier à en-tête : elle copie la voix de votre enfant, le visage d'une célébrité ou la signature du directeur général de votre entreprise. Le faux Le Drian en a donné un avant-goût, et le mécanisme reste celui de Voigt en 1906 : une apparence d'autorité que personne ne vérifie. Les fausses publicités de célébrités en sont la version de masse.

Comment un imposteur bâtit-il son mensonge ?

À travers ces treize affaires, trois pièces reviennent :

  1. Un fragment de vérité. MacGregor avait bien été général ; Abagnale a bien été en prison ; Romand avait bien commencé des études de médecine. La part de vrai prête sa crédibilité à la part de faux.
  2. Un symbole que personne n'ose remettre en cause. Un uniforme, un titre de noblesse, un nom célèbre, un papier à en-tête, un jet privé, le visage d'un ministre.
  3. Un entourage qui préfère croire. Des banquiers qui voulaient prêter à la fille de Carnegie, des créanciers qui voulaient leur part de l'héritage Crawford, une presse qui voulait un héros. La Loi de la tromperie n° 12 le résume : « Plus une histoire est célèbre, moins on vérifie si elle est vraie. »

Comment reconnaître un imposteur aujourd'hui ?

  • Vérifiez l'identité par un canal qu'il ne vous a pas fourni. Appelez le numéro officiel de la banque, de l'entreprise ou du proche, jamais celui qui figure dans le message.
  • Méfiez-vous du symbole. Un logo, un uniforme, une vidéo ou une voix se falsifient ; un registre officiel, beaucoup moins.
  • Cherchez la vérification simple. Presque tous ces imposteurs sont tombés sur une information disponible dès le départ.
  • Attention à l'urgence émotionnelle. Une urgence, un héritage ou un amour soudain qui exigent de l'argent vite.
  • En entreprise, appliquez la double validation. Aucun virement exceptionnel sur simple appel, même « du président » : on rappelle par le circuit interne habituel. En cas de doute ou de fraude, cybermalveillance.gouv.fr vous oriente, et Info Escroqueries répond au 0 805 805 817 (appel gratuit).

Pour une offre ou un message précis, utilisez le vérificateur pour reconnaître une arnaque. Et si vous vous intéressez aux affaires où la tromperie portait sur l'argent plutôt que sur l'identité, poursuivez avec les plus grandes arnaques de l'histoire ou avec les films et séries sur des arnaques réelles.

Questions fréquentes

Qui est l'imposteur le plus célèbre de l'histoire ?

Sans doute Frank Abagnale, grâce au film Arrête-moi si tu peux, même si une bonne partie de son histoire relève de la légende : le chercheur Alan C. Logan a montré qu'il était en prison pendant une grande partie des années où il disait se faire passer pour pilote et médecin. Parmi les autres imposteurs célèbres figurent Victor Lustig, Gregor MacGregor, Thérèse Humbert et Anna Sorokin.

Quelle différence entre un imposteur et un escroc ?

L'imposteur trompe sur ce qu'il est : un titre, une profession, un héritage, une fonction. Tous ne cherchent pas l'argent (certains veulent du prestige ou de l'attention), mais l'identité inventée est presque toujours la clé qui ouvre l'escroquerie.

Quels sont les imposteurs célèbres en France ?

Thérèse Humbert, qui a emprunté pendant une vingtaine d'années sur un héritage fictif ; Christophe Rocancourt, qui s'est fait passer pour un héritier Rockefeller aux États-Unis ; Jean-Claude Romand, faux médecin de l'OMS pendant dix-huit ans ; et Gilbert Chikli, à l'origine de l'arnaque au faux président.

Comment démasque-t-on un imposteur ?

Presque toujours par une vérification simple que personne n'avait faite : un registre de prison, une archive, un appel à la caserne supposée ou un compte bancaire qui n'existe pas. L'imposteur survit tant que son entourage tient son identité pour acquise sans la contrôler.

Sources