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Les plus grandes arnaques de l'histoire

Publié le 20 octobre 2026 · Revu le 28 octobre 2026 · 9 min de lecture

Les plus grandes arnaques de l'histoire vont de la tour Eiffel vendue comme ferraille par Victor Lustig en 1925 aux quelque 8 milliards de dollars de clients qui manquaient chez FTX en 2022, en passant par le système de Charles Ponzi en 1920 et celui de Bernard Madoff, dont les clients ont perdu environ 17,5 milliards de dollars de capital. En voici vingt-trois, avec leur année, leur montant et leur source, et ce que chacune enseigne pour reconnaître le même piège aujourd'hui : les seize affaires de la première saison de MATERIUM et sept autres qui ont, elles aussi, marqué l'histoire, dont plusieurs escroqueries françaises.

Les plus grandes arnaques, en un tableau

AffaireAnnéeOùMontantCe qu'elle enseigne
Bulle des mers du Sud1720LondresL'action passe de 128 à 1 050 livres, puis retombe à 175 en quelques moisL'euphorie collective remplace l'analyse
Système de Law (Mississippi)1719-1720ParisL'action atteint 10 000 livres tournois avant l'effondrementUn papier vaut ce que vaut la confiance qu'on lui accorde
Gregor MacGregor (Poyais)1822LondresDes obligations d'un pays inventé pour 200 000 livresLe détail écrasant ne prouve rien
Baldomera Larra1876MadridPromettait 30 % par moisLe rendement impossible trouve toujours des adeptes
Thérèse Humbert (héritage Crawford)1879-1902ParisUne vingtaine d'années d'emprunts sur un héritage inexistantLe document qu'on ne vous laisse pas voir n'existe pas
Charles Ponzi1920Boston15 à 20 millions de dollars, versés par environ 40 000 personnesPayez les premiers, ils vous amèneront les suivants
Victor Lustig (tour Eiffel)1925ParisLa somme exacte ne figure dans aucun dossier fiableLa cupidité de la victime fait le travail
Alexandre Stavisky1933Bayonne et ParisFaux bons du Crédit municipal pour 261 millions de francsLes protections haut placées retardent la chute, pas l'addition
Sergueï Mavrodi (MMM)1994RussieEntre 5 et 10 millions de personnes léséesLes victimes peuvent finir par défendre l'escroc
Jordan Belfort (Stratton Oakmont)1989-1996Long IslandRestitution ordonnée de 110 millions de dollarsLe plus pressé de vous faire acheter vend déjà
Enron (Jeffrey Skilling)2001HoustonLa plus grande faillite des États-Unis à l'époqueSi les chiffres tombent toujours juste, quelqu'un les fait tomber juste
Lou Pearlman2007FloridePlus de 300 millions de dollars d'investisseursLa célébrité d'un autre ne garantit pas votre argent
Bernard Madoff2008New York17,5 milliards de dollars de capital perduLe prestige est le meilleur alibi
Fraude à la TVA sur les quotas de carbone2008-2009France1,6 milliard d'euros de pertes pour l'État, selon la Cour des comptesUn marché nouveau et mal surveillé attire les escrocs plus vite que les contrôleurs
Allen Stanford2009Antigua et Houston7 milliards de dollarsLa peur de l'épargnant fait le capital de l'escroc
OneCoin (Ruja Ignatova)2014-2017Monde entierPlus de 4 milliards de dollarsVendez la révolution, pas le produit
Fyre Festival (Billy McFarland)2017BahamasPlus de 26 millions de dollars de pertesQuand les stars l'annoncent, nul ne pose de questions
Anna Sorokin (« Anna Delvey »)2017New YorkPlus de 200 000 dollarsLe train de vie n'est pas une garantie
L'arnaqueur de Tinder (Shimon Hayut)2017-2019EuropeEnviron 10 millions, selon des estimations de presseLa richesse qu'on vous montre, la victime d'avant la paie
Elizabeth Holmes (Theranos)2018Silicon ValleyDes centaines de millions de dollars d'investisseursSi vous promettez l'avenir, personne ne vérifie le présent
Frank AbagnaleAnnées 1960-1970 (légende)États-UnisLégende : 2,5 millions ; documenté : bien moinsPlus une histoire est célèbre, moins on la vérifie
Wirecard2020Munich1,9 milliard d'euros qui n'existaient pasL'auditeur et le régulateur peuvent aussi faillir
FTX (Sam Bankman-Fried)2022BahamasEnviron 8 milliards de dollars de fonds de clientsÊtre remboursé ne veut pas dire ne pas avoir été volé

Quelles ont été les premières grandes escroqueries ?

La bulle des mers du Sud (1720). À Londres, la Compagnie des mers du Sud obtient le monopole du commerce avec les colonies espagnoles d'Amérique en échange de la conversion d'une partie de la dette de l'État britannique en actions. À coups de promesses exagérées, d'achats à crédit et de faveurs à des parlementaires, son action passe de 128 livres en janvier à 1 050 en juin 1720, selon la Réserve fédérale de New York, et ne vaut plus que 175 en septembre. Isaac Newton est souvent cité parmi les ruinés.

Le système de Law (1719-1720). À Paris, l'Écossais John Law réunit une banque qui émet du papier-monnaie et une compagnie commerciale détenant des droits sur la Louisiane, la Compagnie du Mississippi. L'action atteint 10 000 livres tournois ; quand les actionnaires veulent convertir leur papier en or, le système s'effondre et l'inflation s'envole.

Gregor MacGregor et le Poyais (1822). Un général des guerres d'indépendance du Venezuela invente un pays sur la côte des Mosquitos, vend ses obligations à la Bourse de Londres pour 200 000 livres et envoie quelque 250 colons dans une jungle vide ; environ 180 y meurent. Nous le racontons dans l'affaire Gregor MacGregor.

Baldomera Larra (1876). La fille de l'écrivain Mariano José de Larra ouvre à Madrid une caisse de dépôts qui promet 30 % par mois et paie les premiers avec l'argent des suivants. Elle s'enfuit quand les réclamations commencent, est arrêtée à Paris et extradée.

Thérèse Humbert (1879-1902). Fille de paysans de la région toulousaine devenue belle-fille d'un ministre de la Justice, elle prétend avoir hérité d'un millionnaire américain, Robert Henry Crawford, et emprunte pendant une vingtaine d'années sur la foi de cet héritage, enfermé dans un coffre-fort que personne ne peut ouvrir. Quand la justice le fait ouvrir en 1902, il contient une brique et un penny. Arrêtée à Madrid en décembre 1902, elle est condamnée à cinq ans de travaux forcés. Lisez l'affaire Thérèse Humbert.

Quelles escroqueries du XXe siècle restent les plus connues ?

Charles Ponzi (1920). Il promet 50 % en 45 jours grâce aux coupons-réponse internationaux et lève entre 15 et 20 millions de dollars auprès d'environ 40 000 personnes. Il a donné son nom à la fraude. Toute l'histoire dans l'affaire Charles Ponzi.

Victor Lustig (1925). Il se présente comme directeur général adjoint du ministère des Postes et Télégraphes et vend la tour Eiffel comme ferraille à l'industriel André Poisson. Il tente de recommencer avec un autre acheteur, mais la seconde tentative échoue. Il se consacre ensuite à la fausse monnaie aux États-Unis, purge sa peine à Alcatraz et meurt en détention en 1947. Lisez l'affaire Victor Lustig, qui est aussi le premier épisode de la série.

Alexandre Stavisky (1933-1934). Le 23 décembre 1933, le directeur du Crédit municipal de Bayonne est arrêté pour avoir mis en circulation de faux bons au porteur pour 261 millions de francs ; derrière lui se trouve son fondateur, Alexandre Stavisky, qui payait les anciens souscripteurs avec l'argent des nouveaux. Poursuivi à de nombreuses reprises, il avait vu son procès sans cesse reporté. Retrouvé agonisant dans un chalet de Chamonix le 8 janvier 1934, dans des circonstances jamais tout à fait élucidées, il laisse derrière lui un scandale qui contribue à la chute du gouvernement Chautemps et aux émeutes du 6 février 1934. Lisez l'affaire Stavisky.

Frank Abagnale (années 1960). Son histoire de faux pilote, faux médecin et faux avocat, racontée dans ses mémoires et dans le film Arrête-moi si tu peux, relève en grande partie de la légende : le chercheur Alan C. Logan a montré, registres pénitentiaires à l'appui, qu'il a passé en prison une bonne partie des années où il disait escroquer le monde entier. Abagnale a bien escroqué, mais à une échelle bien moindre. Nous y revenons en détail dans notre liste des imposteurs célèbres.

Sergueï Mavrodi et MMM (1994). La grande pyramide de la Russie postsoviétique s'effondre en juillet 1994, avec entre 5 et 10 millions de personnes lésées. Mavrodi est arrêté pour fraude fiscale, ses victimes accusent le gouvernement et il est élu député la même année.

Jordan Belfort (1989-1996). Sa société, Stratton Oakmont, ne se trouvait pas à Wall Street mais à Long Island ; elle manipulait des actions bon marché pour les revendre au plus haut. En 2003, il est condamné à quatre ans de prison, en purge 22 mois et doit verser une restitution de 110 millions de dollars.

Quelles sont les grandes arnaques du XXIe siècle ?

  • Enron (2001). Le groupe énergétique de Houston cache sa dette et gonfle ses bénéfices grâce à des sociétés ad hoc jusqu'à sa faillite en décembre 2001. Son directeur général, Jeffrey Skilling, est condamné à plus de 24 ans de prison.
  • Lou Pearlman (2007). Le créateur des Backstreet Boys et de NSYNC lève plus de 300 millions de dollars avec des entreprises qui n'existaient pas. Il plaide coupable en 2008 et meurt en prison.
  • Bernard Madoff (2008). La plus grande pyramide de Ponzi connue. Condamné à 150 ans en 2009, il meurt en prison en 2021.
  • La fraude à la TVA sur les quotas de carbone (2008-2009). Des sociétés achetaient des quotas d'émission de CO2 hors taxe dans un autre pays européen, les revendaient en France TVA comprise et disparaissaient sans reverser la taxe. Dans son rapport public annuel de 2012, la Cour des comptes a estimé à 1,6 milliard d'euros la perte de recettes pour l'État entre l'automne 2008 et juin 2009, date à laquelle ces échanges ont été exonérés de TVA.
  • Allen Stanford (2009). Sa banque d'Antigua vendait des certificats de dépôt impossibles, surtout en Amérique latine : 7 milliards de dollars et 110 ans de prison.
  • OneCoin (2014-2017). Une cryptomonnaie sans véritable chaîne de blocs, vendue selon un schéma pyramidal ; plus de 4 milliards de dollars selon le FBI. Ruja Ignatova reste introuvable depuis 2017.
  • Fyre Festival (2017). Un festival de luxe aux Bahamas, promu par des célébrités, qui ne s'est jamais tenu comme promis. McFarland est condamné à six ans en 2018 ; le parquet a chiffré les pertes de ses deux fraudes à plus de 26 millions de dollars.
  • Anna Sorokin (2017). Elle se fait passer pour une riche héritière allemande à New York et est condamnée en 2019 à une peine de 4 à 12 ans pour avoir escroqué plus de 200 000 dollars à des banques, des hôtels et des amis.
  • L'arnaqueur de Tinder (2017-2019). Shimon Hayut, qui se présentait comme Simon Leviev, fils d'un magnat du diamant, a été condamné en Finlande et en Israël pour d'autres fraudes, mais n'a pas été jugé pour les faits racontés dans le documentaire Netflix L'Arnaqueur de Tinder.
  • Theranos (2018). Elizabeth Holmes promettait des centaines d'analyses à partir d'une goutte de sang. Un jury l'a reconnue coupable d'avoir escroqué des investisseurs (et l'a acquittée des accusations de fraude envers les patients) ; en 2022, elle est condamnée à plus de 11 ans de prison.
  • Wirecard (2020). La fintech allemande, alors membre du DAX, admet que 1,9 milliard d'euros de son bilan n'existaient probablement pas et se déclare insolvable.
  • FTX (2022). La plateforme d'échange de Sam Bankman-Fried utilisait l'argent de ses clients ; il manquait environ 8 milliards de dollars. Il est condamné à 25 ans de prison en 2024.

Pour un panorama centré sur la France, de Law à la taxe carbone, voyez nos grandes escroqueries françaises.

Que nous apprennent toutes ces arnaques ?

Que le piège se répète sous un autre déguisement. Lues ensemble, elles révèlent quatre schémas :

  1. Une promesse que personne ne vérifie. Un pays (Poyais), un monument (la tour Eiffel), un héritage (le coffre des Humbert), une machine (Theranos), une monnaie (OneCoin).
  2. Le prestige ou la célébrité en guise de garantie. L'ancien président du Nasdaq, un général, la belle-fille d'un ministre, les stars d'Instagram, les groupes les plus vendus au monde.
  3. L'argent neuf paie l'ancien. De Baldomera à Madoff, en passant par Ponzi, Stavisky, Stanford et Pearlman.
  4. Le système arrive trop tard. Auditeurs, régulateurs et presse ont mis des années à voir ce qui, avec le recul, crevait les yeux.

MATERIUM transforme chaque affaire en une règle pour la reconnaître : vous les trouverez toutes dans les Lois de la tromperie. Et si vous voulez les voir racontées, la série est sur la page des épisodes, et voici d'autres documentaires sur les arnaques qui valent le détour.

Les plus grandes arnaques de l'histoire

Les imposteurs les plus célèbres de l'histoireFaux comtes, pilotes, héritiers et princes : les imposteurs les plus célèbres de l'histoire, comment ils ont bâti leur mensonge et comment ils sont tombés.Les meilleurs documentaires sur les arnaquesLes meilleurs documentaires sur les arnaques sur Netflix, Arte et YouTube, avec l'apport de chacun et où les voir gratuitement. De Madoff à Theranos et Tinder.Films et séries sur des arnaques réellesLe Loup de Wall Street, Arrête-moi si tu peux, The Dropout : films et séries sur des arnaques réelles, et ce qu'ils ont changé par rapport à l'histoire vraie.Les grandes escroqueries françaisesDu coffre-fort vide de Thérèse Humbert à l'arnaque au président de Gilbert Chikli, en passant par Stavisky et Rochette : les grandes escroqueries françaises.Les plus grandes escroqueries de l'histoire, par montantCe qu'a coûté chaque grande escroquerie, avec le montant ajusté en dollars d'aujourd'hui et sa source. Classement de Madoff, FTX, Enron, Stanford et d'autres.Histoire des arnaques : une chronologieLe même piège sous un autre déguisement : une chronologie des grandes arnaques, de la bulle des mers du Sud et du système de Law aux cryptomonnaies.

Questions fréquentes

Quelle est l'arnaque la plus célèbre de l'histoire ?

Par son nom, celle de Charles Ponzi (Boston, 1920), parce que son patronyme est devenu le nom de la fraude. Par l'argent, celle de Bernard Madoff : ses clients ont perdu environ 17,5 milliards de dollars de capital selon le liquidateur, et il a été condamné à 150 ans de prison en 2009.

Qui a vendu la tour Eiffel ?

Victor Lustig, un escroc né en 1890 en Bohême, qui en 1925 s'est fait passer pour le directeur général adjoint du ministère des Postes et Télégraphes et a vendu le monument comme ferraille à l'industriel André Poisson. La somme exacte qu'il a touchée ne figure dans aucun dossier fiable.

Quelle a été la première grande escroquerie financière ?

Parmi les premières documentées à grande échelle figurent les bulles de 1720 : la Compagnie des mers du Sud à Londres, dont l'action est passée de 128 à 1 050 livres avant de s'effondrer en quelques mois, et le système de Law à Paris. Comme mécanisme consistant à payer les anciens avec l'argent des nouveaux, Baldomera Larra l'a utilisé à Madrid en 1876.

Quelles sont les grandes escroqueries françaises ?

Le système de Law (1719-1720), l'héritage Crawford de Thérèse Humbert, dont le coffre-fort ouvert en 1902 ne contenait qu'une brique et un penny, l'affaire Stavisky, qui a contribué aux émeutes du 6 février 1934, et la fraude à la TVA sur les quotas de carbone de 2008-2009, que la Cour des comptes a chiffrée à 1,6 milliard d'euros pour l'État.

Qu'ont en commun les grandes arnaques ?

Elles changent de déguisement, pas de mécanisme : une promesse que personne ne vérifie, le prestige ou la célébrité de quelqu'un en guise de garantie, l'urgence, et l'argent des nouveaux qui paie les anciens. MATERIUM le résume en seize Lois de la tromperie.

Sources