L'histoire des arnaques est celle d'un même mécanisme sous des déguisements différents. De l'effondrement du système de Law à Paris en 1720, quand l'action de la Compagnie du Mississippi avait atteint 10 000 livres tournois, à la faillite de FTX en 2022, avec environ 8 milliards de dollars de clients envolés, les grandes arnaques répètent trois pièces : une promesse que personne ne vérifie, un prestige d'emprunt et l'argent des nouveaux qui paie les anciens. Cette chronologie parcourt trois siècles d'affaires, avec leur date et leur source, pour que vous voyiez ce qui change à chaque époque et ce qui ne change pas.
Les quatre pièces qui ne changent pas
Avant la chronologie, le schéma. Si l'on lit les affaires l'une après l'autre, ce sont toujours les mêmes pièces qui apparaissent, dans un ordre différent :
- Une promesse que personne ne vérifie. Un pays d'Amérique centrale, un monument à vendre, un héritage enfermé dans un coffre, une machine qui analyse le sang à partir d'une goutte, une cryptomonnaie révolutionnaire. Plus elle est grande et détaillée, moins on pose de questions.
- Un prestige d'emprunt. Un titre de cacique, la belle-famille d'un garde des Sceaux, un député-maire, la présidence du Nasdaq, un registre officiel, une célébrité dans une publicité. L'escroc se porte rarement garant de lui-même.
- L'argent neuf paie l'ancien. C'est le moteur de presque toutes les grandes fraudes à l'investissement : on paie ponctuellement les premiers avec ce qu'apportent les suivants, et les premiers deviennent les meilleurs vendeurs. En France, on appelait déjà cela la « cavalerie ».
- Un système qui arrive trop tard. Autorités de contrôle, auditeurs et presse disposent de signaux pendant des années et n'agissent que lorsque l'argent a disparu.
MATERIUM résume ces pièces en seize règles, une par affaire : les Lois de la tromperie.
Chronologie
À Paris, le système de Law s'effondre : l'action de la Compagnie du Mississippi avait atteint 10 000 livres tournois. À Londres, la bulle de la Compagnie des mers du Sud éclate la même année.
Gregor MacGregor vend à Londres pour 200 000 livres d'obligations du Poyais, un pays qui n'existe pas. Voir l'affaire.
Baldomera Larra ouvre à Madrid une caisse qui promet 30 % par mois et paie les premiers avec l'argent des suivants. Voir l'affaire.
Liquidation de la Compagnie de Panama, puis scandale : des parlementaires sont accusés d'avoir été achetés pour soutenir ses emprunts.
À Paris, on ouvre le coffre-fort de Thérèse Humbert, garantie de vingt ans d'emprunts sur un héritage américain : aucune valeur. Voir l'affaire.
Charles Ponzi lève à Boston entre 15 et 20 millions de dollars et donne son nom à la fraude. Voir l'affaire.
Victor Lustig vend la tour Eiffel comme ferraille à un industriel parisien. Voir l'affaire.
Arrestation du directeur du Crédit municipal de Bayonne : 261 millions de francs de faux bons. Derrière lui, Alexandre Stavisky. Voir l'affaire.
Jordan Belfort gonfle des actions bon marché depuis Stratton Oakmont, à Long Island. Voir l'affaire.
Effondrement de la pyramide MMM de Sergueï Mavrodi en Russie, avec des millions de personnes lésées. Voir l'affaire.
Faillite d'Enron après des années de bénéfices gonflés grâce à des sociétés ad hoc. Voir l'affaire.
WorldCom reconnaît des charges dissimulées et fait faillite : ses actifs étaient gonflés de plus de 11 milliards de dollars.
Parmalat s'effondre avec un trou de 14 milliards d'euros, la plus grande faillite d'Europe.
Gilbert Chikli se fait passer au téléphone pour des PDG et invente l'« arnaque au faux président ».
En Espagne, la justice place sous administration Fórum Filatélico et Afinsa : près de 460 000 clients piégés.
Chute de la pyramide de Lou Pearlman, le créateur des Backstreet Boys. Voir l'affaire.
Bernard Madoff avoue la plus grande pyramide de Ponzi connue : 17,5 milliards de dollars de capital perdu. Voir l'affaire.
Fraude à la TVA sur les quotas de carbone : 1,6 milliard d'euros de recettes perdues pour l'État français, selon la Cour des comptes.
La SEC accuse Allen Stanford d'une fraude de 7 milliards de dollars sur des certificats de dépôt. Voir l'affaire.
Lancement de OneCoin, la cryptomonnaie sans véritable chaîne de blocs. Voir l'affaire.
Le Fyre Festival s'écroule aux Bahamas et Ruja Ignatova disparaît. Voir l'affaire.
La SEC accuse Elizabeth Holmes de fraude et Theranos est dissoute. Voir l'affaire.
Wirecard admet que 1,9 milliard d'euros de son bilan n'existent probablement pas.
Faillite de FTX : il manque environ 8 milliards de dollars à ses clients. Voir l'affaire.
Fausses publicités de célébrités, hypertrucages et fausses plateformes d'investissement : le même tour, avec l'intelligence artificielle.
XVIIIe et XIXe siècles : actions, obligations et héritages
Les premières grandes escroqueries financières documentées naissent avec les premières Bourses. En France, l'Écossais John Law obtient en 1716 le droit de créer une banque, puis réunit une compagnie de commerce détenant des droits sur la Louisiane, la Compagnie du Mississippi, avec pour but d'éponger la dette laissée par Louis XIV. La spéculation, rue Quincampoix, pousse l'action très au-delà de tout bénéfice réel ; quand les détenteurs veulent changer leur papier en or, le système s'effondre et Law s'enfuit de Paris en décembre 1720. La même année, à Londres, la Compagnie des mers du Sud connaît la même fièvre. Ce n'étaient pas des pyramides au sens strict, mais des bulles nourries de promesses impossibles à vérifier depuis l'Europe.
Un siècle plus tard, en 1822, l'Écossais Gregor MacGregor pousse cette distance à l'extrême : il vend à Londres les obligations du Poyais, un pays d'Amérique centrale qu'il a inventé, avec cartes, guides et monnaie. Le déguisement était un État ; le mécanisme, le fait que personne ne pouvait aller vérifier avant de payer. Nous le racontons dans l'affaire Gregor MacGregor.
En 1876, le mécanisme apparaît à Madrid sous sa forme la plus pure. Baldomera Larra, fille de l'écrivain Mariano José de Larra, promet 30 % par mois et paie les premiers avec l'argent de ceux qui arrivent ensuite. C'est l'un des premiers systèmes de ce type bien documentés au monde, 44 ans avant Ponzi : l'affaire Baldomera Larra.
La France de la fin du siècle ajoute deux variantes. Le scandale de Panama n'est pas une escroquerie inventée de toutes pièces : la compagnie de Ferdinand de Lesseps creusait vraiment un canal, mais elle a continué d'emprunter auprès des épargnants alors que le chantier était perdu, et une partie des fonds a servi à acheter des soutiens dans la presse et au Parlement. Sa liquidation, en février 1889, ruine des dizaines de milliers de souscripteurs. Thérèse Humbert, elle, n'avait rien à vendre : pendant une vingtaine d'années, elle emprunte sur la foi d'un héritage américain enfermé dans un coffre-fort que personne ne peut ouvrir. Quand la justice le fait ouvrir, en mai 1902, il ne contient aucune valeur. Toute l'histoire dans l'affaire Thérèse Humbert.
XXe siècle : le mécanisme reçoit un nom
En 1920, Charles Ponzi promet à Boston 50 % en 45 jours grâce à un prétendu commerce de coupons-réponse internationaux. Il lève entre 15 et 20 millions de dollars auprès d'environ 40 000 personnes en huit mois. Il n'a pas inventé le piège, mais son nom est devenu celui du mécanisme : la pyramide de Ponzi. Cinq ans plus tard, en 1925, Victor Lustig démontre à Paris que le déguisement peut être n'importe quoi, même la tour Eiffel, si la victime est pressée et avide.
Le déguisement devient ensuite financier et respectable. En décembre 1933, l'arrestation du directeur du Crédit municipal de Bayonne révèle 261 millions de francs de faux bons au porteur ; derrière lui se trouve Alexandre Stavisky, qui payait les anciens souscripteurs avec l'argent des nouveaux et dont le procès avait été reporté pendant des années. Le scandale fait tomber le gouvernement Chautemps et nourrit les émeutes du 6 février 1934 : l'affaire Stavisky. Entre 1989 et 1996, à Long Island, Jordan Belfort utilise une maison de courtage agréée pour gonfler des actions bon marché. Et dans la Russie de 1994, la pyramide MMM de Sergueï Mavrodi touche des millions de personnes grâce à la publicité télévisée, dans un pays qui venait de découvrir la Bourse.
2001-2009 : les escroqueries en costume, avec auditeur
Le changement de siècle apporte le déguisement le plus efficace : la grande entreprise cotée, avec ses auditeurs et ses analystes. Enron (2001), WorldCom (2002) et Parmalat (2003) ne volaient pas leurs clients avec une caisse : elles gonflaient leurs comptes pour soutenir le cours de leurs actions. C'est la fraude comptable, et sa règle est celle d'Enron : si les chiffres tombent toujours juste, quelqu'un les fait tomber juste.
En France, la décennie voit naître deux escroqueries nouvelles. Entre 2005 et 2006, Gilbert Chikli appelle des cadres de grandes entreprises en se faisant passer pour leur PDG, puis pour un agent des services secrets, et obtient des virements au nom de la lutte contre le blanchiment ou le terrorisme : c'est l'origine de l'« arnaque au faux président », qui se pratique encore. Puis, de l'automne 2008 à juin 2009, des fraudeurs détournent la TVA sur le marché européen des quotas de carbone ; la Cour des comptes chiffre la perte pour l'État à 1,6 milliard d'euros. En Espagne, en 2006, l'intervention de Fórum Filatélico et d'Afinsa, qui vendaient des timbres avec rachat garanti, piège près de 460 000 clients.
La crise de 2008 met à nu ceux qui comptaient sur le fait que tout le monde ne réclamerait pas son argent en même temps. Bernard Madoff, ancien président du Nasdaq, avoue en décembre 2008 la plus grande pyramide de Ponzi connue. Deux mois plus tard tombe Allen Stanford, qui vendait les certificats de dépôt d'une banque d'Antigua, surtout à des épargnants latino-américains. Le déguisement était le prestige de Wall Street et la sécurité d'un dépôt ; le mécanisme, celui de Baldomera et de Stavisky.
2014-2022 : la révolution technologique comme déguisement
Au cours de la dernière décennie, le déguisement, c'est l'avenir. OneCoin (2014-2017) vend une cryptomonnaie qui n'a pas de véritable chaîne de blocs. Theranos promet des centaines d'analyses à partir d'une goutte de sang jusqu'à ce que la SEC accuse Elizabeth Holmes en 2018. FTX, la plateforme de Sam Bankman-Fried, utilise l'argent de ses clients et fait faillite en novembre 2022. En Allemagne, Wirecard, alors membre du DAX, admet en 2020 que 1,9 milliard d'euros de son bilan n'existent probablement pas.
La technologie n'a pas changé le mécanisme : elle l'a accéléré. Ce qui a pris huit mois à Ponzi prend quelques semaines à un réseau de recrutement en ligne, et la promesse n'a plus besoin de bureau. Pour le détail, voyez notre guide des arnaques aux cryptomonnaies.
Aujourd'hui : le même tour, avec l'intelligence artificielle
Le déguisement le plus récent, ce sont les fausses publicités qui utilisent le visage et la voix de célébrités, fabriqués par intelligence artificielle, pour mener vers des plateformes d'investissement qui n'existent pas. Elles combinent les quatre pièces de toujours : la promesse (des rendements garantis), le prestige d'emprunt (une célébrité qui n'a jamais rien dit de tel), l'argent des premiers (certains voient des gains au début, pour qu'ils remettent davantage) et un système qui arrive trop tard. L'arnaque au faux président a suivi la même pente : la voix au téléphone de 2005 est devenue, chez Chikli lui-même, un faux ministre en visioconférence. Nous vous expliquons comment reconnaître ces pièges dans les fausses publicités de célébrités.
Le déguisement de chaque époque, en un tableau
| Époque | Déguisement | Mécanisme de fond | Exemple |
|---|---|---|---|
| 1716-1720 | Actions du commerce colonial | Euphorie sans bénéfices réels | Système de Law, mers du Sud |
| 1822 | Obligations d'un pays lointain | Une promesse impossible à vérifier | Poyais |
| 1876-1920 | Caisses et placements à intérêt démesuré | L'argent neuf paie l'ancien | Baldomera Larra, Ponzi |
| 1879-1902 | Un héritage enfermé dans un coffre | Emprunter pour rembourser les emprunts | Thérèse Humbert |
| Années 1930 | Bons d'un établissement public | L'argent neuf paie l'ancien, sous protection politique | Stavisky |
| 2001-2003 | Grandes entreprises cotées | Comptes gonflés | Enron, WorldCom, Parmalat |
| 2005-2009 | Un faux patron au téléphone, un marché nouveau mal surveillé | Usurpation d'identité, fraude à la TVA | Faux président, quotas de carbone |
| 2008-2009 | Gérants prestigieux et banques offshore | L'argent neuf paie l'ancien | Madoff, Stanford |
| 2014-2022 | Technologie et cryptomonnaies | Promesse sans produit et fonds de clients détournés | OneCoin, Theranos, FTX |
| Aujourd'hui | Fausses célébrités créées par IA | Plateformes qui n'existent pas | Publicités avec hypertrucages |
Ce que l'histoire enseigne pour ne pas tomber aujourd'hui
Si le mécanisme ne change pas, les questions non plus. Avant de confier votre argent, posez-vous celles qui auraient sauvé les clients de Baldomera, les créanciers de Thérèse Humbert, les souscripteurs de Bayonne ou ceux de FTX :
- Puis-je vérifier auprès d'un tiers indépendant que ce qu'on me vend existe ?
- Qui garde mon argent, et puis-je le voir sur un compte à mon nom ?
- La société est-elle autorisée ? En France, vérifiez les listes noires de l'AMF, le registre REGAFI et l'ORIAS.
- D'où vient exactement le rendement, et pourquoi est-il si régulier ?
- Si c'est mon « patron » qui m'appelle pour un virement urgent et confidentiel, ai-je rappelé l'entreprise par le numéro habituel ?
Vous trouverez tous les signaux dans comment reconnaître une arnaque, le classement par célébrité dans les plus grandes arnaques de l'histoire, le classement par montant, avec ses chiffres ajustés, dans les plus grandes escroqueries par montant, et le panorama français dans les grandes escroqueries françaises. Et les affaires racontées, une par épisode, dans la série MATERIUM.
Questions fréquentes
Quelle a été la première arnaque de l'histoire ?
Impossible de le savoir : la tromperie est aussi ancienne que le commerce. Parmi les premières grandes escroqueries financières documentées figurent les bulles de 1720, le système de Law à Paris et la Compagnie des mers du Sud à Londres. Comme système qui paie les anciens avec l'argent des nouveaux, l'un des premiers cas bien documentés est celui de Baldomera Larra, à Madrid, en 1876.
Comment les arnaques ont-elles évolué ?
Le déguisement a changé, pas le mécanisme. On est passé des actions de compagnies coloniales aux pays inventés, aux héritages imaginaires, aux bons municipaux, aux fonds d'investissement, aux entreprises technologiques et aux cryptomonnaies, mais presque toutes les grandes arnaques combinent une promesse que personne ne vérifie, un prestige d'emprunt et l'argent des nouveaux qui paie les anciens.
Pourquoi parle-t-on de pyramide de Ponzi ?
À cause de Charles Ponzi, qui, entre 1919 et 1920, a levé à Boston entre 15 et 20 millions de dollars auprès d'environ 40 000 personnes en promettant 50 % en 45 jours. Le mécanisme existait avant lui : Baldomera Larra l'avait utilisé à Madrid dès 1876, et en France on parlait déjà de « cavalerie ».
Quelles grandes escroqueries françaises jalonnent cette histoire ?
Le système de Law (1716-1720), le scandale de Panama (1889-1893), l'héritage Crawford de Thérèse Humbert, dont le coffre-fort a été ouvert en 1902, l'affaire Stavisky (1933-1934) et, plus près de nous, l'arnaque au faux président et la fraude à la TVA sur les quotas de carbone de 2008-2009.
Quelle est l'arnaque la plus récente de la liste ?
Parmi les grandes affaires, la faillite de la plateforme de cryptomonnaies FTX en novembre 2022, où il manquait environ 8 milliards de dollars à ses clients. Aujourd'hui se multiplient les fausses publicités de célébrités et les hypertrucages qui mènent vers des plateformes d'investissement inexistantes.
Sources
- Wikipédia, Système de Law
- Réserve fédérale de New York, Liberty Street Economics : la bulle des mers du Sud
- Encyclopaedia Britannica, Gregor MacGregor
- El Español, Baldomera Larra et la première escroquerie pyramidale (2024)
- Herodote.net, 20 mars 1893 : procès du scandale de Panama
- Wikipédia, Scandale de Panama
- Musée du Barreau de Paris, L'affaire Thérèse Humbert
- Smithsonian Magazine, In Ponzi We Trust (1998)
- Smithsonian Magazine, The Man Who Sold the Eiffel Tower. Twice
- Wikipédia, Affaire Stavisky
- SEC, Litigation Release sur la condamnation de Belfort et Porush
- The Moscow Times, Mavrodi reconnu coupable de fraude au procès de MMM (2007)
- Département de la Justice des États-Unis, United States v. Jeffrey K. Skilling
- Wikipedia (EN), WorldCom scandal
- BBC News, le fondateur de Parmalat condamné à 10 ans (2008)
- Wikipédia, Gilbert Chikli
- El Independiente, l'Audiencia Nacional condamne l'ancien président de Fórum Filatélico (13 juillet 2018)
- FBI, plainte pénale et déclaration sous serment contre Louis J. Pearlman (2007), sur CourtListener
- Insurance Journal, le liquidateur de Madoff estime les pertes à 17,5 milliards (2023)
- Cour des comptes, rapport public annuel 2012 : la fraude à la TVA sur les quotas de carbone
- SEC, communiqué 2009-26 sur la fraude de Stanford
- CNBC, le FBI ajoute Ruja Ignatova à sa liste des dix fugitifs les plus recherchés (2022)
- Département de la Justice des États-Unis (SDNY), William McFarland condamné à six ans (2018)
- SEC, plainte contre Theranos, Elizabeth Holmes et Ramesh Balwani (2018)
- BBC News, Wirecard se déclare insolvable (25 juin 2020)
- Département de la Justice des États-Unis, Samuel Bankman-Fried condamné à 25 ans (2024)