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Listes · Chronologie

Histoire des arnaques : une chronologie

Publié le 21 octobre 2026 · Revu le 28 octobre 2026 · 8 min de lecture

Carte des dossiers

Les 16 dossiers dans le temps

De Londres en 1822 aux Bahamas en 2022 : deux siècles du même piège. Ceux que tu as vus portent le sceau.

  1. 1822

    Dossier 2 · Londres et Paris ; côte des Mosquitos (Amérique centrale)

    Gregor MacGregor

    De 1821 à 1823, puis de petites émissions durant des années

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  2. 1876

    Dossier 4 · Plaza de la Paja, Madrid (Espagne)

    Baldomera Larra

    1876 (faillite en décembre)

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  3. 1920

    Dossier 3 · Boston (Massachusetts, États-Unis)

    Charles Ponzi

    De décembre 1919 à août 1920

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  4. 1925

    Dossier 1 · Paris (France) et États-Unis

    Victor Lustig

    De 1925 à son arrestation en 1935

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  5. 1965

    Dossier 12 · États-Unis, France et Suède

    Frank Abagnale

    1964-1974 (délits) · 1977 à aujourd'hui (le récit)

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  6. 1989

    Dossier 8 · Lake Success, Long Island (New York, États-Unis)

    Jordan Belfort

    1989-1996 (Stratton Oakmont)

    S'ouvre le 10 novembre Lire l'affaire

  7. 1994

    Dossier 11 · Russie, Ukraine, Nigeria, Afrique du Sud et Pérou

    Sergei Mavrodi

    1994-2018

    S'ouvre le 20 novembre Lire l'affaire

  8. 2001

    Dossier 14 · Houston, Texas (États-Unis)

    Jeffrey Skilling (Enron)

    1997-2001

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  9. 2006

    Dossier 13 · Floride et New York (États-Unis)

    Lou Pearlman

    Années 1980-2007

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  10. 2008

    Dossier 6 · New York (États-Unis), clients dans le monde entier

    Bernie Madoff

    Au moins des années 1990 à décembre 2008

    S'ouvre le 6 novembre Lire l'affaire

  11. 2009

    Dossier 7 · Antigua-et-Barbuda et Houston (États-Unis)

    Allen Stanford

    Au moins de 1990 à février 2009

    S'ouvre le 6 novembre Lire l'affaire

  12. 2014

    Dossier 5 · Sofia (Bulgarie), avec des ventes dans le monde entier

    La Cryptoqueen

    2014-2017 (le réseau a continué ensuite)

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  13. 2015

    Dossier 15 · Palo Alto (Californie) et Arizona, États-Unis

    Elizabeth Holmes (Theranos)

    2003-2018

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  14. 2017

    Dossier 10 · Great Exuma (Bahamas) et New York (États-Unis)

    Billy McFarland

    2016-2018

    S'ouvre le 17 novembre Lire l'affaire

  15. 2019

    Dossier 9 · Europe (Royaume-Uni, Scandinavie, Pays-Bas)

    Shimon Hayut

    2017-2019 (période racontée par le documentaire)

    S'ouvre le 13 novembre Lire l'affaire

  16. 2022

    Dossier 16 · Bahamas, Hong Kong et États-Unis

    Sam Bankman-Fried (FTX)

    2019-2022

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L'histoire des arnaques est celle d'un même mécanisme sous des déguisements différents. De l'effondrement du système de Law à Paris en 1720, quand l'action de la Compagnie du Mississippi avait atteint 10 000 livres tournois, à la faillite de FTX en 2022, avec environ 8 milliards de dollars de clients envolés, les grandes arnaques répètent trois pièces : une promesse que personne ne vérifie, un prestige d'emprunt et l'argent des nouveaux qui paie les anciens. Cette chronologie parcourt trois siècles d'affaires, avec leur date et leur source, pour que vous voyiez ce qui change à chaque époque et ce qui ne change pas.

Les quatre pièces qui ne changent pas

Avant la chronologie, le schéma. Si l'on lit les affaires l'une après l'autre, ce sont toujours les mêmes pièces qui apparaissent, dans un ordre différent :

  1. Une promesse que personne ne vérifie. Un pays d'Amérique centrale, un monument à vendre, un héritage enfermé dans un coffre, une machine qui analyse le sang à partir d'une goutte, une cryptomonnaie révolutionnaire. Plus elle est grande et détaillée, moins on pose de questions.
  2. Un prestige d'emprunt. Un titre de cacique, la belle-famille d'un garde des Sceaux, un député-maire, la présidence du Nasdaq, un registre officiel, une célébrité dans une publicité. L'escroc se porte rarement garant de lui-même.
  3. L'argent neuf paie l'ancien. C'est le moteur de presque toutes les grandes fraudes à l'investissement : on paie ponctuellement les premiers avec ce qu'apportent les suivants, et les premiers deviennent les meilleurs vendeurs. En France, on appelait déjà cela la « cavalerie ».
  4. Un système qui arrive trop tard. Autorités de contrôle, auditeurs et presse disposent de signaux pendant des années et n'agissent que lorsque l'argent a disparu.

MATERIUM résume ces pièces en seize règles, une par affaire : les Lois de la tromperie.

Chronologie

  1. À Paris, le système de Law s'effondre : l'action de la Compagnie du Mississippi avait atteint 10 000 livres tournois. À Londres, la bulle de la Compagnie des mers du Sud éclate la même année.

  2. Gregor MacGregor vend à Londres pour 200 000 livres d'obligations du Poyais, un pays qui n'existe pas. Voir l'affaire.

  3. Baldomera Larra ouvre à Madrid une caisse qui promet 30 % par mois et paie les premiers avec l'argent des suivants. Voir l'affaire.

  4. Liquidation de la Compagnie de Panama, puis scandale : des parlementaires sont accusés d'avoir été achetés pour soutenir ses emprunts.

  5. À Paris, on ouvre le coffre-fort de Thérèse Humbert, garantie de vingt ans d'emprunts sur un héritage américain : aucune valeur. Voir l'affaire.

  6. Charles Ponzi lève à Boston entre 15 et 20 millions de dollars et donne son nom à la fraude. Voir l'affaire.

  7. Victor Lustig vend la tour Eiffel comme ferraille à un industriel parisien. Voir l'affaire.

  8. Arrestation du directeur du Crédit municipal de Bayonne : 261 millions de francs de faux bons. Derrière lui, Alexandre Stavisky. Voir l'affaire.

  9. Jordan Belfort gonfle des actions bon marché depuis Stratton Oakmont, à Long Island. Voir l'affaire.

  10. Effondrement de la pyramide MMM de Sergueï Mavrodi en Russie, avec des millions de personnes lésées. Voir l'affaire.

  11. Faillite d'Enron après des années de bénéfices gonflés grâce à des sociétés ad hoc. Voir l'affaire.

  12. WorldCom reconnaît des charges dissimulées et fait faillite : ses actifs étaient gonflés de plus de 11 milliards de dollars.

  13. Parmalat s'effondre avec un trou de 14 milliards d'euros, la plus grande faillite d'Europe.

  14. Gilbert Chikli se fait passer au téléphone pour des PDG et invente l'« arnaque au faux président ».

  15. En Espagne, la justice place sous administration Fórum Filatélico et Afinsa : près de 460 000 clients piégés.

  16. Chute de la pyramide de Lou Pearlman, le créateur des Backstreet Boys. Voir l'affaire.

  17. Bernard Madoff avoue la plus grande pyramide de Ponzi connue : 17,5 milliards de dollars de capital perdu. Voir l'affaire.

  18. Fraude à la TVA sur les quotas de carbone : 1,6 milliard d'euros de recettes perdues pour l'État français, selon la Cour des comptes.

  19. La SEC accuse Allen Stanford d'une fraude de 7 milliards de dollars sur des certificats de dépôt. Voir l'affaire.

  20. Lancement de OneCoin, la cryptomonnaie sans véritable chaîne de blocs. Voir l'affaire.

  21. Le Fyre Festival s'écroule aux Bahamas et Ruja Ignatova disparaît. Voir l'affaire.

  22. La SEC accuse Elizabeth Holmes de fraude et Theranos est dissoute. Voir l'affaire.

  23. Wirecard admet que 1,9 milliard d'euros de son bilan n'existent probablement pas.

  24. Faillite de FTX : il manque environ 8 milliards de dollars à ses clients. Voir l'affaire.

  25. Fausses publicités de célébrités, hypertrucages et fausses plateformes d'investissement : le même tour, avec l'intelligence artificielle.

XVIIIe et XIXe siècles : actions, obligations et héritages

Les premières grandes escroqueries financières documentées naissent avec les premières Bourses. En France, l'Écossais John Law obtient en 1716 le droit de créer une banque, puis réunit une compagnie de commerce détenant des droits sur la Louisiane, la Compagnie du Mississippi, avec pour but d'éponger la dette laissée par Louis XIV. La spéculation, rue Quincampoix, pousse l'action très au-delà de tout bénéfice réel ; quand les détenteurs veulent changer leur papier en or, le système s'effondre et Law s'enfuit de Paris en décembre 1720. La même année, à Londres, la Compagnie des mers du Sud connaît la même fièvre. Ce n'étaient pas des pyramides au sens strict, mais des bulles nourries de promesses impossibles à vérifier depuis l'Europe.

Un siècle plus tard, en 1822, l'Écossais Gregor MacGregor pousse cette distance à l'extrême : il vend à Londres les obligations du Poyais, un pays d'Amérique centrale qu'il a inventé, avec cartes, guides et monnaie. Le déguisement était un État ; le mécanisme, le fait que personne ne pouvait aller vérifier avant de payer. Nous le racontons dans l'affaire Gregor MacGregor.

En 1876, le mécanisme apparaît à Madrid sous sa forme la plus pure. Baldomera Larra, fille de l'écrivain Mariano José de Larra, promet 30 % par mois et paie les premiers avec l'argent de ceux qui arrivent ensuite. C'est l'un des premiers systèmes de ce type bien documentés au monde, 44 ans avant Ponzi : l'affaire Baldomera Larra.

La France de la fin du siècle ajoute deux variantes. Le scandale de Panama n'est pas une escroquerie inventée de toutes pièces : la compagnie de Ferdinand de Lesseps creusait vraiment un canal, mais elle a continué d'emprunter auprès des épargnants alors que le chantier était perdu, et une partie des fonds a servi à acheter des soutiens dans la presse et au Parlement. Sa liquidation, en février 1889, ruine des dizaines de milliers de souscripteurs. Thérèse Humbert, elle, n'avait rien à vendre : pendant une vingtaine d'années, elle emprunte sur la foi d'un héritage américain enfermé dans un coffre-fort que personne ne peut ouvrir. Quand la justice le fait ouvrir, en mai 1902, il ne contient aucune valeur. Toute l'histoire dans l'affaire Thérèse Humbert.

XXe siècle : le mécanisme reçoit un nom

En 1920, Charles Ponzi promet à Boston 50 % en 45 jours grâce à un prétendu commerce de coupons-réponse internationaux. Il lève entre 15 et 20 millions de dollars auprès d'environ 40 000 personnes en huit mois. Il n'a pas inventé le piège, mais son nom est devenu celui du mécanisme : la pyramide de Ponzi. Cinq ans plus tard, en 1925, Victor Lustig démontre à Paris que le déguisement peut être n'importe quoi, même la tour Eiffel, si la victime est pressée et avide.

Le déguisement devient ensuite financier et respectable. En décembre 1933, l'arrestation du directeur du Crédit municipal de Bayonne révèle 261 millions de francs de faux bons au porteur ; derrière lui se trouve Alexandre Stavisky, qui payait les anciens souscripteurs avec l'argent des nouveaux et dont le procès avait été reporté pendant des années. Le scandale fait tomber le gouvernement Chautemps et nourrit les émeutes du 6 février 1934 : l'affaire Stavisky. Entre 1989 et 1996, à Long Island, Jordan Belfort utilise une maison de courtage agréée pour gonfler des actions bon marché. Et dans la Russie de 1994, la pyramide MMM de Sergueï Mavrodi touche des millions de personnes grâce à la publicité télévisée, dans un pays qui venait de découvrir la Bourse.

2001-2009 : les escroqueries en costume, avec auditeur

Le changement de siècle apporte le déguisement le plus efficace : la grande entreprise cotée, avec ses auditeurs et ses analystes. Enron (2001), WorldCom (2002) et Parmalat (2003) ne volaient pas leurs clients avec une caisse : elles gonflaient leurs comptes pour soutenir le cours de leurs actions. C'est la fraude comptable, et sa règle est celle d'Enron : si les chiffres tombent toujours juste, quelqu'un les fait tomber juste.

En France, la décennie voit naître deux escroqueries nouvelles. Entre 2005 et 2006, Gilbert Chikli appelle des cadres de grandes entreprises en se faisant passer pour leur PDG, puis pour un agent des services secrets, et obtient des virements au nom de la lutte contre le blanchiment ou le terrorisme : c'est l'origine de l'« arnaque au faux président », qui se pratique encore. Puis, de l'automne 2008 à juin 2009, des fraudeurs détournent la TVA sur le marché européen des quotas de carbone ; la Cour des comptes chiffre la perte pour l'État à 1,6 milliard d'euros. En Espagne, en 2006, l'intervention de Fórum Filatélico et d'Afinsa, qui vendaient des timbres avec rachat garanti, piège près de 460 000 clients.

La crise de 2008 met à nu ceux qui comptaient sur le fait que tout le monde ne réclamerait pas son argent en même temps. Bernard Madoff, ancien président du Nasdaq, avoue en décembre 2008 la plus grande pyramide de Ponzi connue. Deux mois plus tard tombe Allen Stanford, qui vendait les certificats de dépôt d'une banque d'Antigua, surtout à des épargnants latino-américains. Le déguisement était le prestige de Wall Street et la sécurité d'un dépôt ; le mécanisme, celui de Baldomera et de Stavisky.

2014-2022 : la révolution technologique comme déguisement

Au cours de la dernière décennie, le déguisement, c'est l'avenir. OneCoin (2014-2017) vend une cryptomonnaie qui n'a pas de véritable chaîne de blocs. Theranos promet des centaines d'analyses à partir d'une goutte de sang jusqu'à ce que la SEC accuse Elizabeth Holmes en 2018. FTX, la plateforme de Sam Bankman-Fried, utilise l'argent de ses clients et fait faillite en novembre 2022. En Allemagne, Wirecard, alors membre du DAX, admet en 2020 que 1,9 milliard d'euros de son bilan n'existent probablement pas.

La technologie n'a pas changé le mécanisme : elle l'a accéléré. Ce qui a pris huit mois à Ponzi prend quelques semaines à un réseau de recrutement en ligne, et la promesse n'a plus besoin de bureau. Pour le détail, voyez notre guide des arnaques aux cryptomonnaies.

Aujourd'hui : le même tour, avec l'intelligence artificielle

Le déguisement le plus récent, ce sont les fausses publicités qui utilisent le visage et la voix de célébrités, fabriqués par intelligence artificielle, pour mener vers des plateformes d'investissement qui n'existent pas. Elles combinent les quatre pièces de toujours : la promesse (des rendements garantis), le prestige d'emprunt (une célébrité qui n'a jamais rien dit de tel), l'argent des premiers (certains voient des gains au début, pour qu'ils remettent davantage) et un système qui arrive trop tard. L'arnaque au faux président a suivi la même pente : la voix au téléphone de 2005 est devenue, chez Chikli lui-même, un faux ministre en visioconférence. Nous vous expliquons comment reconnaître ces pièges dans les fausses publicités de célébrités.

Le déguisement de chaque époque, en un tableau

ÉpoqueDéguisementMécanisme de fondExemple
1716-1720Actions du commerce colonialEuphorie sans bénéfices réelsSystème de Law, mers du Sud
1822Obligations d'un pays lointainUne promesse impossible à vérifierPoyais
1876-1920Caisses et placements à intérêt démesuréL'argent neuf paie l'ancienBaldomera Larra, Ponzi
1879-1902Un héritage enfermé dans un coffreEmprunter pour rembourser les empruntsThérèse Humbert
Années 1930Bons d'un établissement publicL'argent neuf paie l'ancien, sous protection politiqueStavisky
2001-2003Grandes entreprises cotéesComptes gonflésEnron, WorldCom, Parmalat
2005-2009Un faux patron au téléphone, un marché nouveau mal surveilléUsurpation d'identité, fraude à la TVAFaux président, quotas de carbone
2008-2009Gérants prestigieux et banques offshoreL'argent neuf paie l'ancienMadoff, Stanford
2014-2022Technologie et cryptomonnaiesPromesse sans produit et fonds de clients détournésOneCoin, Theranos, FTX
Aujourd'huiFausses célébrités créées par IAPlateformes qui n'existent pasPublicités avec hypertrucages

Ce que l'histoire enseigne pour ne pas tomber aujourd'hui

Si le mécanisme ne change pas, les questions non plus. Avant de confier votre argent, posez-vous celles qui auraient sauvé les clients de Baldomera, les créanciers de Thérèse Humbert, les souscripteurs de Bayonne ou ceux de FTX :

  • Puis-je vérifier auprès d'un tiers indépendant que ce qu'on me vend existe ?
  • Qui garde mon argent, et puis-je le voir sur un compte à mon nom ?
  • La société est-elle autorisée ? En France, vérifiez les listes noires de l'AMF, le registre REGAFI et l'ORIAS.
  • D'où vient exactement le rendement, et pourquoi est-il si régulier ?
  • Si c'est mon « patron » qui m'appelle pour un virement urgent et confidentiel, ai-je rappelé l'entreprise par le numéro habituel ?

Vous trouverez tous les signaux dans comment reconnaître une arnaque, le classement par célébrité dans les plus grandes arnaques de l'histoire, le classement par montant, avec ses chiffres ajustés, dans les plus grandes escroqueries par montant, et le panorama français dans les grandes escroqueries françaises. Et les affaires racontées, une par épisode, dans la série MATERIUM.

Questions fréquentes

Quelle a été la première arnaque de l'histoire ?

Impossible de le savoir : la tromperie est aussi ancienne que le commerce. Parmi les premières grandes escroqueries financières documentées figurent les bulles de 1720, le système de Law à Paris et la Compagnie des mers du Sud à Londres. Comme système qui paie les anciens avec l'argent des nouveaux, l'un des premiers cas bien documentés est celui de Baldomera Larra, à Madrid, en 1876.

Comment les arnaques ont-elles évolué ?

Le déguisement a changé, pas le mécanisme. On est passé des actions de compagnies coloniales aux pays inventés, aux héritages imaginaires, aux bons municipaux, aux fonds d'investissement, aux entreprises technologiques et aux cryptomonnaies, mais presque toutes les grandes arnaques combinent une promesse que personne ne vérifie, un prestige d'emprunt et l'argent des nouveaux qui paie les anciens.

Pourquoi parle-t-on de pyramide de Ponzi ?

À cause de Charles Ponzi, qui, entre 1919 et 1920, a levé à Boston entre 15 et 20 millions de dollars auprès d'environ 40 000 personnes en promettant 50 % en 45 jours. Le mécanisme existait avant lui : Baldomera Larra l'avait utilisé à Madrid dès 1876, et en France on parlait déjà de « cavalerie ».

Quelles grandes escroqueries françaises jalonnent cette histoire ?

Le système de Law (1716-1720), le scandale de Panama (1889-1893), l'héritage Crawford de Thérèse Humbert, dont le coffre-fort a été ouvert en 1902, l'affaire Stavisky (1933-1934) et, plus près de nous, l'arnaque au faux président et la fraude à la TVA sur les quotas de carbone de 2008-2009.

Quelle est l'arnaque la plus récente de la liste ?

Parmi les grandes affaires, la faillite de la plateforme de cryptomonnaies FTX en novembre 2022, où il manquait environ 8 milliards de dollars à ses clients. Aujourd'hui se multiplient les fausses publicités de célébrités et les hypertrucages qui mènent vers des plateformes d'investissement inexistantes.

Sources